Deux secondes, deux traits : garder ses distances sans rien calculer
- Derrière un véhicule, au moins deux secondes d’écart, en ville comme sur autoroute : c’est la règle du code.
- Distance d’arrêt = distance parcourue pendant ta réaction (environ une seconde) + distance de freinage.
- Sur autoroute, compte les traits de la ligne de la bande d’arrêt d’urgence : un trait, danger ; deux traits au moins, sécurité.
- Hors agglomération, 50 m au moins entre véhicules de plus de 3,5 t de poids total autorisé en charge ou de plus de 7 m de long qui se suivent à la même vitesse.
- Trop près : 3 points et 135 €. Dans un tunnel, la récidive dans l’année devient un délit.
Comment compter sans calcul et quand laisser plus de place : c’est juste en dessous.
Sur autoroute, un conducteur sur quatre roule trop près du véhicule qui le précède. Le chiffre vient des exemples officiels de questions de la Sécurité routière. Trop près, c’est ne plus avoir la place de s’arrêter quand la voiture de devant freine. La parade tient en deux secondes, sans rien calculer.
Combien d’espace laisser devant toi quand tu suis un véhicule ?
Pour la règle générale, le code compte en secondes plutôt qu’en mètres. Deux secondes restent deux secondes à 30 km/h comme à 130 km/h : c’est ton temps pour voir le freinage devant toi et y répondre. Ce qui grandit avec la vitesse, ce sont les mètres que ces deux secondes représentent.
La règle vaut partout où deux véhicules se suivent, en ville comme sur autoroute. Et deux secondes sont un minimum : si elles ne suffisent pas pour éviter le choc, tu en laisses plus. Cette obligation pèse sur le conducteur du second véhicule, celui de derrière. Si une voiture se rabat devant toi, c’est donc à toi de lever le pied jusqu’à retrouver l’écart.
Tu roulais à 110 km/h, tu ralentis à 80 km/h derrière la même voiture. Ton écart minimal, compté en secondes :
Que se passe-t-il entre le moment où tu vois le danger et l’arrêt ?
D’abord, ta réaction : voir le freinage, décider, poser le pied sur la pédale. Pendant ce temps, tu roules à pleine vitesse. Pour établir la règle des deux secondes, la Sécurité routière retient un temps de réaction moyen d’une seconde ; elle indique par ailleurs qu’il varie de 1 à 2 secondes chez un conducteur reposé qui n’a consommé aucune substance pouvant l’altérer. Elle donne aussi un ordre de grandeur : à 50 km/h, une seconde, c’est déjà 14 mètres avant que les freins n’agissent.
Ensuite, le freinage. Sa longueur dépend de l’état de la chaussée, mais surtout de la vitesse : d’après une campagne de la Sécurité routière, rouler à 80 km/h au lieu de 90 fait gagner 13 mètres au freinage. Des pneus sous-gonflés l’allongent aussi.
Les deux secondes du code valent le double du temps de réaction moyen. Et quand la situation se tend, près d’un bus arrêté par exemple, garde le pied devant la pédale de frein : tu réduis ton temps de réaction.
Comment vérifier tes deux secondes sans quitter la route des yeux ?
Voici une méthode pratique, pas une règle du code : prends un repère fixe au bord de la route, un poteau, un pont, un panneau.
- Quand l’arrière du véhicule de devant passe le repère, compte : une seconde, deux secondes.
- Si ton avant atteint le repère avant la fin du compte, tu es trop près.
- Lève le pied, laisse l’écart se reformer, puis refais le test.
Sur autoroute, la ligne qui borde la bande d’arrêt d’urgence sert de règle graduée. Chaque trait de cette ligne mesure un peu moins de 40 mètres, 38 mètres selon la Sécurité routière : à 130 km/h, tu le parcours en à peu près une seconde. Le repère à retenir : un trait, danger ; deux traits au moins, sécurité.
Pour te le rappeler, certaines sections d’autoroute ou de route à chaussées séparées portent trois panneaux indissociables, espacés de 300 mètres : SR2a, SR2b et SR2c. Ils rappellent l’espacement à laisser entre les véhicules. Ces panneaux gris à bord jaune sont facultatifs : sans eux, la règle reste la même.
Autoroute, 130 km/h. Entre ton capot et la voiture de devant, tu ne vois qu’un seul trait de la bande d’arrêt d’urgence. Tu…
Pluie, nuit, fatigue : quand faut-il laisser plus de deux secondes ?
Quand les conditions se dégradent, deux secondes peuvent ne plus suffire pour éviter la collision. Le code t’oblige d’ailleurs à rester maître de ta vitesse et à la réduire, notamment :
- quand la route n’est pas dégagée ou risque d’être glissante ;
- quand la visibilité est insuffisante, par pluie ou brouillard ;
- dans les virages et les descentes rapides ;
- quand tu roules en feux de croisement.
Ralentir et laisser plus d’écart vont ensemble. Sur chaussée mouillée, les pneus adhèrent moins : la Sécurité routière demande d’allonger nettement la distance. La nuit, tes feux de croisement éclairent la route sur 30 mètres, la portée minimale que le code leur impose ; à 70 km/h, prévient la Sécurité routière, un obstacle qui surgit dans cette zone est inévitable.
Ton état compte aussi. Le téléphone allonge ton temps de réaction, l’alcool modifie ta perception des distances, et la somnolence provoque des micro-sommeils de 1 à 4 secondes, soit jusqu’au double de tes deux secondes d’écart. Garder plus de place ne règle alors rien : dès les premiers signes de somnolence, la Sécurité routière recommande de s’arrêter dans un endroit sécurisé pour se reposer au moins un quart d’heure.
Forte pluie, route limitée à 80 km/h. Tu suis une voiture à deux secondes pile. Tu…
Camions, caravanes, tunnels : quelles distances s’ajoutent ?
Hors agglomération, quand des véhicules ou ensembles de véhicules de plus de 3,5 tonnes de poids total autorisé en charge, ou de plus de 7 mètres de long, se suivent à la même vitesse, ils gardent au moins 50 mètres entre eux. Ce plancher s’ajoute à la règle générale : l’écart doit toujours suffire pour éviter la collision.
Le panneau B17, rond à bord rouge, impose un écart chiffré : le nombre de mètres qu’il indique, 100 m par exemple, est l’intervalle minimal à garder avec le véhicule de devant. Posé seul sur un ouvrage d’art comme un pont, il vaut sur toute sa longueur. Sans panonceau M4 qui le limite à une catégorie, ta voiture est concernée.
Dans les tunnels, l’autorité de police peut imposer des distances plus grandes, et chaque tunnel a sa réglementation. Avant certains tunnels équipés de balises lumineuses bleues, un panneau SR52a rappelle la distance quand elle est la même pour tous, un SR52b quand elle varie selon la catégorie de véhicule. Le panneau C111, lui, marque l’entrée du tunnel. Et si la circulation s’arrête dans un tunnel, garde ta distance, même à l’arrêt : la Sécurité routière recommande 70 à 150 mètres, pour que les secours puissent intervenir en cas d’incendie.
Que te coûte une distance trop courte ?
C’est une contravention de la 4e classe : 3 points retirés de plein droit, et le juge peut ajouter une suspension du permis. Dans un tunnel, recommencer coûte bien plus cher.
| Ce que prévoit le code | Distance non respectée | Récidive dans un tunnel |
|---|---|---|
| Nature de l’infraction | contravention de 4e classe | délit |
| Amende | 135 € d’amende forfaitaire, 750 € au plus devant le juge | 3 750 € au plus |
| Prison | aucune | 6 mois au plus |
| Points | 3 points retirés | la moitié du nombre de points initial du permis |
| Suspension du permis | 3 ans au plus | 3 ans au plus |
Le délit vise le conducteur d’un véhicule à moteur qui, dans un tunnel, commet de nouveau la même infraction moins d’un an après le jour où sa première condamnation est devenue définitive. Son véhicule peut alors être immobilisé et mis en fourrière.
En permis probatoire, ton permis démarre à 6 points : 3 points retirés pour une distance trop courte, c’est la moitié de ce capital. Et un retrait d’au moins 3 points pendant cette période t’oblige à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, dans les quatre mois qui suivent la lettre recommandée qui t’en informe. Ce stage prend la place de l’amende.
Permis probatoire, 6 points. Tu suivais une voiture de beaucoup trop près, sans accrochage. Il te reste…
Deux secondes au moins, deux traits sur autoroute, plus de place dès que la route ou ton état se dégradent : tu tiens tes distances sans rien calculer. Le sprint de révision ci-dessous te remet tout en cartes, puis le quiz d’entraînement vérifie que c’est acquis.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz5
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.