Amendes et points
Conduire sans permis : ce que la loi prévoit, même la première fois
Tu prépares le permis et tu envisages de prendre la voiture seul ? Avoir réussi le code ou suivi des leçons ne t’y autorise pas. Conduire sans avoir obtenu le permis correspondant au véhicule est un délit, passible d’un an de prison et de 15 000 € d’amende au maximum. Une amende forfaitaire de 800 € est possible sous conditions. Conduire malgré une suspension relève d’un autre texte. Article L221-2 et article L224-16.
Relecture des sources officielles le . Dates des textes et du corpus en bas de page.
Quelle situation correspond à ton cas ?
« Sans permis » peut désigner un permis jamais obtenu, un droit de conduire retiré ou simplement un document oublié. Pour connaître la sanction, commence par cette distinction. Le tableau indique les peines principales maximales prévues par les textes. Ce ne sont pas des peines automatiquement prononcées.
| Ta situation | Règle et sanction principale | Texte |
|---|---|---|
| Tu n’as jamais obtenu le permis nécessaire, ou tu n’as pas la bonne catégorie. | Délit : jusqu’à 1 an de prison et 15 000 € d’amende. Amende forfaitaire possible sous conditions. | L221-2 |
| Tu conduis malgré une suspension, une rétention ou une annulation notifiée. | Délit : jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 € d’amende. | L224-16 |
| Tu conduis après une invalidation pour solde nul, malgré l’injonction de remettre ton permis. | Délit : jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 € d’amende. | L223-5, V |
| Ton droit de conduire est valable, mais tu ne présentes aucun justificatif au contrôle. | Contravention de 1re classe pour la non-présentation immédiate. Si tu ne justifies pas de ton permis dans les 5 jours après y avoir été invité, contravention de 4e classe. | R233-1 |
Une carte oubliée et un permis suspendu n’ont rien à voir. Le forfait de 800 € concerne le défaut de permis (article L221-2), pas la conduite malgré une suspension. Pour comprendre la décision reçue, consulte aussi les différences entre suspension, annulation et invalidation.
Avant l’examen : le code et les heures de conduite ne suffisent pas
La réussite à l’examen du code (l’ETG) est une étape de l’obtention du permis B. Elle ne te donne pas, à elle seule, le droit de conduire une voiture seul. Pendant l’apprentissage sur une voie ouverte à la circulation publique, l’article R211-3 impose notamment un livret d’apprentissage, la demande de permis validée par le préfet (ou le récépissé de dépôt, pour la catégorie B) et un véhicule conforme. Il exige aussi la surveillance constante et directe d’un enseignant ou d’un accompagnateur répondant aux conditions prévues.
Être inscrit à l’auto-école ne remplace pas ces conditions. Avoir une date d’examen non plus. Après un échec à l’examen pratique, tu restes élève : les mêmes règles qu’avant s’appliquent jusqu’à ta réussite.
Cas pratique : tu as réussi le code et tu prends seul la voiture familiale pour aller chercher un proche. Tu n’as pas encore obtenu le permis B. L’article L221-2 ne prévoit pas d’exception liée à la longueur du trajet, à ton inscription à l’examen ou à l’accord du propriétaire. Ce trajet t’expose au délit de conduite sans permis.
La présence d’un parent ne suffit pas davantage à rendre n’importe quelle séance légale. Il faut respecter l’ensemble du cadre d’apprentissage. Pour les conditions de la conduite accompagnée et de la conduite supervisée, va à la leçon sur l’apprentissage et le permis probatoire.
Après la réussite à l’examen pratique
En cas de résultat favorable à l’examen pratique, le certificat d’examen du permis de conduire, ou CEPC, accompagné d’un justificatif d’identité, vaut permis pendant 4 mois à compter du jour de l’examen, uniquement en France. Tu peux le présenter sur papier ou sous forme dématérialisée. Source : Service Public, permis B, fiche vérifiée le 26 mai 2025.
Première fois : quand l’amende forfaitaire est-elle possible ?
La première conduite sans permis reste un délit. L’article L221-2, IV permet toutefois de traiter certains faits par une amende forfaitaire délictuelle. Cette procédure évite un procès pour les faits réglés par le paiement, dans les conditions légales. Elle n’est ni un avertissement ni une autorisation de recommencer.
La fiche officielle de Service Public, vérifiée le 13 mars 2026, présente quatre conditions :
- le constat est fait par procès-verbal électronique après interception du véhicule ;
- tu commets ce délit pour la première fois ;
- tu es majeur ;
- si plusieurs infractions sont constatées, elles peuvent toutes être traitées par une amende forfaitaire.
L’article 495-17 du code de procédure pénale exclut notamment les mineurs. Il exclut aussi cette procédure lorsqu’une des infractions constatées simultanément ne peut pas être forfaitisée. En état de récidive légale, elle est exclue sauf disposition contraire de la loi. Ne confonds donc pas « je n’ai jamais été arrêté » avec la garantie de recevoir un forfait.
À 17 ans, l’amende forfaitaire délictuelle n’est pas applicable. Cela ne signifie pas que tu ne risques rien : les suites relèvent de la justice pénale des mineurs. Les peines maximales de cette page sont celles d’un majeur. Pour un mineur, la prison ne peut pas dépasser la moitié de la peine encourue, et l’amende ne peut dépasser ni la moitié de l’amende encourue ni 7 500 € (code de la justice pénale des mineurs, articles L121-5 et L121-6). Pour un mineur de plus de 16 ans, le tribunal peut écarter cette réduction à titre exceptionnel, par une décision spécialement motivée (article L121-7). L’exclusion du forfait figure à l’article 495-17.
Les montants et les délais à lire sur l’avis
| Niveau | Montant | Délai de paiement indiqué par Service Public |
|---|---|---|
| Minorée | 640 € | Paiement immédiat ou sous 15 jours ; 30 jours en cas de télépaiement par carte bancaire de l’avis. |
| Forfaitaire | 800 € | Sous 45 jours ; 60 jours en cas de télépaiement par carte bancaire de l’avis. |
| Majorée | 1 600 € | Si tu ne paies pas et ne contestes pas (requête en exonération) dans le délai du forfait, l’amende est majorée de plein droit. Service Public indique ensuite 30 jours à partir de l’envoi de l’avis (45 jours en cas de télépaiement par carte bancaire), avec une réduction de 20 % des sommes dues si tu respectes ce délai. |
Le délai court à partir du constat ou, si un avis est envoyé, de son envoi. Sources : L221-2 pour les montants ; Service Public pour les délais ; article 495-18 du code de procédure pénale pour la majoration de plein droit. Reporte-toi à ton avis et à sa notice pour le paiement ou la contestation.
Payer l’amende règle les faits selon la procédure prévue, mais ne te donne aucun permis. Pour les notions de minoration et de majoration, consulte notre page sur l’amende forfaitaire.
Et ton casier judiciaire ?
L’amende forfaitaire pour un délit est enregistrée au casier judiciaire dès qu’elle est payée, ou quand le délai de réclamation contre l’amende majorée est écoulé (article 768, 11° du code de procédure pénale). La fiche est retirée du casier trois ans plus tard, si tu n’as pas été condamné à une peine criminelle ou correctionnelle ni reçu une autre amende forfaitaire délictuelle pendant ces trois ans (article 769, 11°). Une condamnation prononcée par un tribunal pour ce délit est aussi enregistrée au casier (article 768, 1°).
Au-delà de l’amende : prison, véhicule et peines complémentaires
Hors règlement par le forfait, l’article L221-2 prévoit au maximum un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Le même article prévoit aussi des peines complémentaires : confiscation du véhicule utilisé si tu en es propriétaire, travail d’intérêt général, jours-amende, stage de sensibilisation à tes frais et interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur pendant 5 ans au plus. Cette dernière interdiction peut même viser des véhicules dont la conduite n’exige pas le permis.
Le véhicule peut également être immobilisé. Il faut distinguer l’immobilisation, qui empêche de poursuivre le trajet, de la confiscation prononcée comme peine. Pour la confiscation prévue par cet article, la propriété du véhicule compte. En revanche, emprunter la voiture d’un proche ne supprime ni le délit ni la possibilité d’immobilisation.
Pour replacer ces peines parmi les autres sanctions de la route, retrouve la leçon sur les délits et sanctions routières.
Conduire malgré une suspension : une infraction distincte
Une fois la suspension notifiée, conduire un véhicule nécessitant le permis expose aux sanctions de l’article L224-16 : jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 4 500 € d’amende. Le texte vise aussi la conduite malgré une rétention, une annulation ou une interdiction d’obtenir le permis notifiée.
Cas pratique : ton permis est suspendu, mais tu prends la voiture d’un collègue pour aller travailler. Le changement de propriétaire ne change pas ton droit de conduire. Tu ne peux pas transposer à cette situation le forfait de 800 € prévu pour le défaut de permis par l’article L221-2.
Des peines complémentaires sont possibles. Pour un délit commis après suspension ou rétention, le tribunal peut notamment annuler le permis et interdire d’en solliciter un nouveau pendant 3 ans au plus. Quand le délit est commis après une suspension ou une rétention, il donne aussi lieu de plein droit à la réduction de la moitié du nombre maximal de points (article L224-16, V), soit 6 points, le maximum étant de 12 (article R223-1). Ce n’est pas la moitié de ton solde personnel.
La confiscation du véhicule, si tu en es propriétaire, obéit ici à une règle particulière. Elle est en principe obligatoire, sauf décision spécialement motivée du tribunal. Elle n’est toutefois pas obligatoire quand le délit a été commis à la suite d’une mesure administrative prévue aux articles L224-1, L224-2 et L224-7 (rétention du permis ou suspension décidée par le préfet, sans passer par le tribunal). Le véhicule peut aussi être immobilisé.
Pour un permis invalidé après perte de tous les points, l’article L223-5, V vise la conduite malgré l’injonction de remettre le permis. Il prévoit les mêmes maxima de prison et d’amende que ceux indiqués ci-dessus, avec ses propres peines complémentaires.
En cas d’accident : peines aggravées et assurance
Si tu causes sans le vouloir la mort d’une personne en conduisant sans être titulaire du permis, ou avec un permis annulé, invalidé, suspendu ou retenu, ce n’est plus seulement un défaut de permis. C’est un homicide routier : sept ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende (code pénal, article 221-18, 5°). Les peines montent à dix ans et 150 000 € quand l’homicide cumule deux circonstances ou plus de la liste de cet article, par exemple le défaut de permis et un dépassement de la vitesse maximale autorisée de 30 km/h ou plus.
Les blessures causées dans les mêmes conditions sont punies plus lourdement. Si l’incapacité totale de travail est de trois mois ou moins, la peine est de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende (article 221-20). Au-delà de trois mois, elle est de cinq ans et 75 000 € (article 221-19). Retrouve le détail dans notre page sur l’homicide routier.
Le fait que la voiture soit assurée ne t’autorise pas à la conduire sans permis. L’article R211-10 du code des assurances permet au contrat de prévoir, dans les conditions qu’il précise, une exclusion de garantie lorsque le conducteur ne possède pas les titres valables exigés pour conduire le véhicule.
Il faut distinguer ta situation de celle des victimes. L’article R211-13 prévoit que cette exclusion ne leur est pas opposable : l’assureur paie l’indemnité pour le compte du responsable. Résultat : les victimes ne sont pas privées d’indemnisation, mais l’assureur peut te demander le remboursement des sommes payées ou mises en réserve.
Une « voiture sans permis » est-elle une solution ?
On appelle souvent « voiture sans permis » un quadricycle léger à moteur, défini à l’article R311-1 (point 4.11). L’expression ne veut pas dire que toute personne peut le conduire sans condition. L’article R211-2 fixe un âge minimal de 14 ans. Pour les personnes nées après le 31 décembre 1987, il impose un permis de conduire, le brevet de sécurité routière ou un titre reconnu équivalent dans les conditions du texte.
Une peine peut aussi interdire de conduire certains véhicules, même ceux qui n’exigent pas le permis. Les articles L221-2 et L224-16 prévoient cette possibilité. Lis donc la décision avant d’envisager ce véhicule : si elle t’interdit de le conduire, son nom « sans permis » n’y change rien.
Questions fréquentes
Puis-je conduire seul si j’ai déjà réussi le code ?
Non. Réussir l’examen du code (ETG) ne te donne pas le permis B. Tant que tu es en apprentissage, tu dois respecter le cadre légal de formation, notamment la surveillance constante et directe d’un enseignant ou d’un accompagnateur autorisé.
Source : Code de la route, article R211-3.
La première fois, est-ce forcément une amende de 800 € ?
Non. L’amende forfaitaire est une procédure possible sous conditions. Le délit reste passible d’un an de prison et de 15 000 € d’amende au maximum. Être contrôlé pour la première fois ne garantit donc pas une sanction limitée à 800 €.
Source : Code de la route, article L221-2.
La conduite sans permis est-elle enregistrée au casier judiciaire ?
Oui. Une condamnation pour ce délit est enregistrée au casier judiciaire. L’amende forfaitaire pour un délit l’est aussi, dès qu’elle est payée ou que le délai de réclamation contre l’amende majorée est écoulé. La fiche est retirée du casier trois ans plus tard, si tu n’as pas été condamné à une peine criminelle ou correctionnelle ni reçu une autre amende forfaitaire délictuelle pendant ces trois ans.
Source : Code de procédure pénale, article 768 et article 769.
À 17 ans, puis-je recevoir l’amende forfaitaire pour conduite sans permis ?
Non. La procédure d’amende forfaitaire délictuelle ne s’applique pas à un mineur. Cela ne rend pas la conduite sans permis autorisée : les suites relèvent de la justice pénale des mineurs.
Source : Code de procédure pénale, article 495-17.
Puis-je conduire après l’examen avant de recevoir ma carte de permis ?
Oui, si ton résultat est favorable et que tu disposes du certificat d’examen du permis de conduire, accompagné d’un justificatif d’identité. Ce certificat vaut permis pendant 4 mois à compter du jour de l’examen, uniquement en France.
Puis-je conduire la voiture d’un proche pendant une suspension ?
Non. Si la suspension t’a été notifiée, changer de voiture ne te rend pas le droit de conduire un véhicule pour lequel le permis est nécessaire. L’interdiction concerne le conducteur.
Source : Code de la route, article L224-16.
Prépare ton examen avec les règles françaises. Reprends la leçon sur les sanctions pour comprendre les situations présentées à l’examen du code (ETG).
Étudier les délits et sanctionsSources officielles et dates
Articles du code de la route relus dans le corpus daté du 12 octobre 2026, articles du code pénal dans le corpus daté du 26 août 2026. Les fiches Service Public et les autres articles ont été consultés le 17 octobre 2026.
- Code de la route, article L221-2. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019, art. 5 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article L224-16. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019, art. 5 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article L223-5. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019, art. 5 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article R211-3. Version issue du décret du 30 mars 2016, art. 2 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article R233-1. Version issue du décret du 31 décembre 2025, art. 24 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de procédure pénale, article 495-17. Version issue de la loi du 24 janvier 2022, art. 29 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de procédure pénale, article 495-18. Version issue de la loi du 18 novembre 2016, art. 36 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de procédure pénale, article 768. Version issue de la loi du 26 février 2021, art. 18 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de procédure pénale, article 769. Version issue de la loi du 26 février 2021, art. 18 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de la justice pénale des mineurs, article L121-5. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de la justice pénale des mineurs, article L121-6. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de la justice pénale des mineurs, article L121-7. Version issue de l’ordonnance du 11 septembre 2019 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Service Public, amende forfaitaire en cas de délit de conduite sans permis. Fiche vérifiée le 13 mars 2026 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Service Public, permis B : voiture ou camionnette. Fiche vérifiée le 26 mai 2025 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code de la route, article R211-2. Version issue du décret du 31 octobre 2014, art. 2 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article R311-1. Version issue du décret du 22 juillet 2026, art. 1 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article R223-1. Version issue du décret du 3 août 2018, art. 2 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article L224-1. Version issue de la loi du 18 août 2026, art. 30 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article L224-2. Version issue de la loi du 18 août 2026, art. 30 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code de la route, article L224-7. Version issue de la loi du 18 août 2026, art. 7 ; corpus du 12 octobre 2026.
- Code pénal, article 221-18. Version issue de la loi du 9 juillet 2025, art. 1 ; corpus du 26 août 2026.
- Code pénal, article 221-19. Version issue de la loi du 9 juillet 2025, art. 1 ; corpus du 26 août 2026.
- Code pénal, article 221-20. Version issue de la loi du 9 juillet 2025, art. 1 ; corpus du 26 août 2026.
- Code des assurances, article R211-10. Version en vigueur depuis le 28 mars 1993 ; consultée le 17 octobre 2026.
- Code des assurances, article R211-13. Version en vigueur depuis le 23 décembre 2023 ; consultée le 17 octobre 2026.