Anticiper, monter les rapports tôt, lever le pied au bon moment : la conduite qui économise
- Démarre lentement et anticipe : dans ses conseils aux motards, la Sécurité routière désigne les démarrages et les freinages brusques comme les principales sources de consommation de carburant.
- Passe la vitesse supérieure au plus tard à 2 000 tours par minute en diesel, 2 500 en essence. La zone rouge du compte-tours ne doit pas être sollicitée.
- Feu rouge devant toi : tu cesses d’accélérer et la voiture ralentit peu à peu. Tu ne rétrogrades pas, car cela ferait monter le régime du moteur, donc la consommation.
- Des pneus sous-gonflés font consommer plus, s’usent anormalement, allongent les distances de freinage et peuvent éclater.
- Silencieux trafiqué ou hors d’usage : 135 €. Dispositif de maîtrise de la pollution supprimé : délit puni de 7 500 €.
Démarrage, compte-tours, feu rouge, pneus, puis bruit, fumées, covoiturage et recharge électrique : la suite reprend chaque point.
Le carburant le moins cher est celui que tu ne brûles pas. Un cas concret : le feu devant toi est rouge. Tu rétrogrades, tu freines ou tu lèves simplement le pied ? Une question des exemples officiels de la Sécurité routière pose cette situation, et son corrigé donne la réponse plus bas. La leçon commence par les gestes qui pèsent sur ta consommation : démarrer, anticiper, changer de rapport, ralentir, gonfler tes pneus. Elle voit ensuite ce que le code interdit côté bruit, fumées et pollution, puis les panneaux de covoiturage et de recharge électrique.
Pourquoi l’écoconduite fait-elle partie du code ?
« Économie et écoconduite » est l’un des thèmes officiels de l’examen du code : des questions peuvent porter dessus. L’arrêté du 20 avril 2012 (article 2, version en vigueur depuis le 4 décembre 2022) fixe ce que les candidats doivent connaître. Il cite « les règles d’une conduite respectueuse de l’environnement (niveau sonore, consommation de carburant et émissions de gaz à effet de serre) ». Les exemples officiels publiés par la Sécurité routière contiennent trois situations qui touchent à la consommation : le compte-tours, le feu rouge et le gonflage des pneus.
Le code de la route l’exige aussi : un véhicule doit être utilisé et entretenu de façon à minimiser la consommation d’énergie et les émissions de substances polluantes, notamment de dioxyde de carbone.
Comment démarrer et rouler sans gaspiller de carburant ?
Dans ses conseils aux motards, la Sécurité routière donne deux gestes : démarrer lentement, et anticiper les accélérations et les freinages. Ils évitent les démarrages et les freinages brusques, qui sont les principales sources de consommation de carburant. Applique-les aussi en voiture. La même page ajoute un dernier conseil : réduis ta vitesse.
Anticiper, c’est regarder loin devant toi pour voir venir ce qui t’obligera à ralentir : un feu, une file qui se forme, un carrefour. Plus tu le vois tôt, plus tu peux te contenter de cesser d’accélérer, comme devant le feu rouge plus bas, au lieu de freiner fort au dernier moment.
Tu roules en ville. Devant toi, une file de voitures freine, feux stop allumés. Pour éviter un freinage brusque, tu :
À quel régime passer la vitesse supérieure ?
En surveillant le compte-tours, tu gardes le moteur dans les plages de fonctionnement les moins gourmandes en énergie. Pour économiser du carburant, la Sécurité routière conseille de passer la vitesse supérieure au plus tard à ces régimes :
| Moteur | Passer la vitesse supérieure au plus tard à |
|---|---|
| Diesel | 2 000 tours par minute |
| Essence | 2 500 tours par minute |
Tout en haut du cadran, la zone rouge ne doit pas être sollicitée : le moteur risque d’être gravement endommagé.
Voiture diesel, allure stable en troisième : l’aiguille du compte-tours arrive à 2 000 tours par minute. Tu :
À l’approche d’un feu rouge : freiner, rétrograder ou cesser d’accélérer ?
D’après le corrigé d’une question officielle de la Sécurité routière, tu cesses d’accélérer. Ta voiture ralentit alors peu à peu d’elle-même, et tu n’as pas besoin de rétrograder : en rétrogradant, tu ferais monter le régime du moteur, donc ta consommation de carburant.
Tu approches d’un feu rouge. Pour ralentir en consommant le moins possible, tu :
Pourquoi vérifier la pression de tes pneus ?
Un pneu sous-gonflé te coûte de quatre façons. D’après les exemples officiels de la Sécurité routière, le sous-gonflage entraîne une surconsommation de carburant, une usure anormale, des distances de freinage plus longues et un risque d’éclatement.
L’état des pneus influe directement sur les réactions de ta voiture. Ils assurent la liaison au sol : la tenue de route et le freinage en dépendent. Gonfle-les selon les normes préconisées par le constructeur. Le code de la route va dans ce sens : un véhicule doit être entretenu de façon à minimiser sa consommation d’énergie. L’usure et le contrôle technique ont leur propre leçon.
Bruit, fumées, pollution : qu’est-ce que le code interdit ?
Ton véhicule ne doit pas émettre de bruits susceptibles de gêner les usagers de la route ou les riverains. Son moteur doit avoir un échappement silencieux en bon état de fonctionnement, que tu ne peux pas couper. Supprimer ce dispositif ou réduire son efficacité est interdit. Un silencieux qui ne fonctionne plus correctement, c’est donc déjà une infraction.
En agglomération, sur une voie limitée à 50 km/h au plus, le niveau sonore de ton véhicule ne doit pas dépasser celui que fixe un arrêté du ministre chargé de l’environnement. Ce niveau tient compte de la catégorie du véhicule, de sa date de première mise en circulation et de la vitesse maximale autorisée.
Les fumées sont soumises à un interdit du même genre. Un véhicule à moteur ne doit pas émettre de fumées ni de gaz toxiques, corrosifs ou odorants. Cela vaut quand ils sont susceptibles d’incommoder la population ou de compromettre la santé et la sécurité publiques. Pour le bruit comme pour les fumées, l’infraction est une contravention de 4e classe : 135 € d’amende forfaitaire, jusqu’à 750 € devant le juge. Le véhicule peut aussi être immobilisé.
Plus grave : certaines transformations d’un véhicule sont un délit. C’est le cas quand elles suppriment un dispositif de maîtrise de la pollution, en dégradent la performance ou masquent son dysfonctionnement. L’amende est alors de 7 500 €. Elle vise celui qui réalise la transformation, mais aussi celui qui la fait réaliser. Une amende forfaitaire de 200 € peut éteindre les poursuites.
Le bruit, c’est aussi le klaxon. En agglomération, tu ne klaxonnes qu’en cas de danger immédiat. Hors agglomération, tu klaxonnes seulement pour donner les avertissements nécessaires aux autres usagers. De nuit, tu avertis par des appels de phares, et le son reste réservé à l’absolue nécessité. Un signal ne se prolonge jamais plus qu’il n’est nécessaire, et les trompes à sons multiples, les sirènes et les sifflets sont interdits. Chaque infraction à ces règles est une contravention de 2e classe : 35 € d’amende forfaitaire. Le détail est dans la leçon sur les feux du véhicule.
Lors d’une pointe de pollution, le préfet peut aussi suspendre ou restreindre la circulation, notamment en réduisant les vitesses maximales autorisées. C’est le sujet de la leçon suivante, avec la vignette Crit’Air.
Covoiturage et recharge électrique : quels panneaux, quelles règles ?
Les panneaux d’indication de type CE donnent des informations sur les services utiles à l’usager. En voici deux, de forme carrée. Le CE52 signale un lieu aménagé pour la pratique du covoiturage. Le CE15i annonce un poste de recharge de véhicules électriques ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Sur une place de stationnement, le panonceau M6i complète un panneau de stationnement interdit (type B6a). Il signale que le stationnement est réservé aux véhicules électriques pendant la durée de recharge de leurs accumulateurs. Un pictogramme de véhicule électrique peint sur les limites ou le long de la place rappelle la même chose.
Une place porte le panonceau M6i sous un panneau de stationnement interdit. Ta voiture électrique est déjà chargée à bloc : tu ne recharges pas, tu veux seulement t’y garer pour la nuit. Tu :
Stationner devant un dispositif de recharge des véhicules électriques est gênant : contravention de 2e classe, 35 € d’amende forfaitaire. Seul le stationnement est visé, pas l’arrêt. Partir faire une course, c’est stationner, même pour quelques minutes. Si le conducteur est absent, ou refuse de faire cesser le stationnement malgré l’injonction des agents, l’immobilisation et la fourrière peuvent être prescrites. La leçon sur l’arrêt et le stationnement explique la différence.
Démarrer lentement, changer de vitesse au plus tard à 2 000 ou 2 500 tours, cesser d’accélérer à l’approche d’un feu rouge, garder des pneus bien gonflés : tu consommes moins, tu réduis ton empreinte carbone et tu conduis plus calmement. Le sprint de révision reprend ces gestes en cartes, puis le quiz d’entraînement vérifie que tu les maîtrises.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz3
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Chabe01, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons ; Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.