Feux de détresse, gilet, triangle, 112 : les trois réflexes dans le bon ordre
- Trois réflexes, dans cet ordre : protéger, alerter, secourir. Courir vers un blessé avant d’avoir protégé, c’est risquer un second accident.
- Protéger : feux de détresse, gilet enfilé avant de descendre, passagers à l’abri, triangle à 30 m ou plus si le poser ne met pas ta vie en danger.
- Alerter : 15 SAMU, 17 police ou gendarmerie, 18 pompiers, 112 dans toute l’Union européenne, 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes.
- Secourir : ne pas déplacer un blessé, sauf danger imminent. Appeler les secours, c’est déjà lui porter assistance.
- Impliqué, tu t’arrêtes. Repartir pour fuir tes responsabilités est un délit de fuite : 6 points retirés, jusqu’à 3 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Chaque geste, le message à donner au téléphone, l’autoroute et tes obligations : la suite détaille tout.
Un accident vient de se produire, et les voitures qui arrivent ne le savent pas encore. Si tu cours vers les blessés sans rien signaler, le conducteur suivant peut vous percuter, eux et toi : c’est le sur-accident. Trois réflexes l’évitent, et leur ordre compte autant que les gestes.
Pourquoi protéger, puis alerter, puis secourir ?
Cet ordre est celui des exemples officiels de questions du code. Et le sujet est au programme : tout candidat au permis est formé aux notions élémentaires de premiers secours, et cette formation est évaluée à l’examen.
Une voiture vient de quitter la route juste devant toi. Tu t’arrêtes. Quel est ton premier geste ?
Comment protéger les lieux avant tout le reste ?
Protéger, c’est rendre l’accident visible et sortir les personnes de la circulation. Commence par les feux de détresse : certains véhicules les allument même seuls en cas de collision. Ensuite :
- gare-toi si tu le peux, sans gêner l’accès des secours ;
- enfile ton gilet de haute visibilité avant de descendre, de jour comme de nuit ;
- mets tes passagers à l’abri, loin de la circulation ;
- pose le triangle de présignalisation, si tu peux le faire sans risquer ta vie ;
- interdis de fumer près des véhicules, pour éviter un incendie.
En voiture, gilet et triangle sont obligatoires à bord, le gilet rangé à portée de main. Une voiture immobilisée sur la chaussée qui crée un danger, près d’un carrefour, d’un virage, d’un sommet de côte, d’un passage à niveau ou quand on voit mal, se signale par les feux de détresse et le triangle.
Ne pas signaler ainsi une voiture immobilisée qui crée un danger, ou la quitter sans gilet après un arrêt d’urgence : contravention de 4e classe, 135 € d’amende forfaitaire. Ne pas avoir le gilet à portée de main : contravention de 1re classe, 11 € d’amende forfaitaire.
À quelle distance ? Service-Public.fr indique 30 mètres ou plus de ta voiture. Pour baliser un accident sur la route, la Sécurité routière conseille de poser le triangle 200 mètres en amont, pour prévenir ceux qui arrivent bien avant la scène.
Sur autoroute, ta place est derrière les glissières
Tu ne t’arrêtes sur la bande d’arrêt d’urgence qu’en cas de nécessité absolue, véhicule signalé. La Sécurité routière ajoute : gilet enfilé dans la voiture, sortie côté passager, puis tout le monde derrière les glissières. Le reste est dans la leçon sur les autoroutes.
Ta voiture est arrêtée sur la bande d’arrêt d’urgence, et les camions passent tout près. Aller poser le triangle mettrait ta vie en danger. Tu :
Quel numéro composer pour alerter les secours ?
Service-Public.fr recense douze numéros d’urgence, tous gratuits. Retiens les cinq utiles après un accident :
| Numéro | Pour joindre |
|---|---|
| 15 | le SAMU, service d’aide médicale d’urgence |
| 17 | la police ou la gendarmerie, qui envoie une équipe sur les lieux d’un accident |
| 18 | les sapeurs-pompiers |
| 112 | le numéro d’urgence européen, valable dans tous les pays de l’Union européenne, qui t’oriente vers le bon service |
| 114 | les secours pour les personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques, par application, site internet ou, en dernier recours, SMS |
Un appel au 17 ou au 112 est géolocalisé, identifié et traité en priorité. Et s’il y a des blessés dans un accident où tu es impliqué, avertir ou faire avertir la police ou la gendarmerie est une obligation.
Depuis le 1er octobre 2024, un service d’urgence que tu as contacté te rappelle depuis le 0 800 112 112. Ce numéro gratuit ne prend pas directement d’appel d’urgence : il sert seulement à te rappeler. Si tu le rappelles, un message vocal te dit de rappeler le service d’urgence contacté. Décroche : ce n’est pas un appel indésirable.
Si ta voiture est équipée du système eCall, elle alerte seule : après un choc important, elle appelle les secours et leur transmet la position de l’accident. Le délai d’intervention diminue, surtout en rase campagne, sans témoin.
Le panneau CE2a, poste d’appel d’urgence
Le panneau CE2a signale un poste d’appel d’urgence, accessible en permanence à toute personne qui a besoin de secours. Ne le confonds ni avec le CE2b, une cabine téléphonique publique, ni avec le C8, un emplacement d’arrêt d’urgence. Dans un tunnel, chaque poste est signalé par deux panneaux CE2a, un pour chaque sens de circulation. Si ta voiture prend feu dans un tunnel et que la sortie est proche, la Sécurité routière demande d’essayer de le quitter avec elle. Sinon, donne l’alerte avec les téléphones de secours du tunnel, et non avec ton portable, qui ne permet pas de te localiser.
Que dire aux secours au téléphone ?
Trois questions t’aident à rester précis (un repère pratique, pas une règle du code) :
- où : le lieu exact, le plus précis possible ;
- quoi : ce qui s’est passé ;
- qui : le nombre de victimes et leur état, par exemple si une personne est inconsciente ou a une hémorragie importante.
Garde ensuite ton téléphone près de toi : si les secours te rappellent, ce sera depuis le 0 800 112 112.
Tu appelles le 112 après un accident. Qu’est-ce qui aide le plus les secours ?
Comment aider un blessé sans aggraver son état ?
La zone est protégée, l’alerte est donnée. En attendant les secours, la Sécurité routière demande de :
- ne pas déplacer un blessé, sauf danger imminent comme un incendie ;
- le couvrir et lui parler pour le réconforter ;
- ne lui donner ni à boire ni à manger ;
- ne jamais retirer le casque d’un motard ;
- demander aux passants d’aider, ou de s’éloigner.
La Sécurité routière ajoute que, si la victime est inconsciente et que tu as un brevet de secourisme, tu la places en position latérale de sécurité. Ce geste et les autres sont expliqués dans la leçon sur les gestes de premiers secours.
Ne rien faire peut coûter cher. Celui qui s’abstient volontairement d’aider une personne en péril, alors qu’il pouvait le faire sans risque pour lui ni pour les autres, par son action ou en provoquant un secours, encourt 5 ans de prison et 75 000 € d’amende. Ces peines montent à 7 ans et 100 000 € si la personne en péril a moins de 15 ans.
Impliqué dans un accident : que te demande la loi ?
Conducteur, cycliste ou piéton, tout usager impliqué dans un accident doit s’arrêter dès que c’est possible, sans créer de danger. La suite dépend des conséquences :
- dégâts matériels seulement : tu communiques ton identité et ton adresse à toute personne impliquée ;
- un blessé ou un mort : tu avertis ou fais avertir la police ou la gendarmerie, tu donnes ton identité et ton adresse à ces services ou à toute personne impliquée, et tu évites de modifier les lieux ou d’effacer les traces, autant que la sécurité de la circulation le permet.
Le conducteur qui sait avoir causé ou occasionné un accident et ne s’arrête pas, pour échapper à sa responsabilité pénale ou civile, commet un délit de fuite. Il encourt 3 ans de prison et 75 000 € d’amende, et perd de plein droit la moitié du nombre maximal de points, soit 6 points sur 12. Le tribunal peut aussi suspendre son permis jusqu’à 5 ans, ou l’annuler.
En te garant dans une rue, tu raies la portière d’une voiture en stationnement. Son propriétaire est juste à côté. Tu :
Tu passes à côté d’un accident : t’arrêter ou continuer ?
Si tu n’es ni impliqué, ni secouriste, ni témoin direct de ce qui s’est passé, la Sécurité routière demande de prévenir les secours puis de dégager les lieux, surtout si tu circules sur la voie en sens inverse. Impossible de dégager ? Feux de détresse, voiture garée sans gêner l’arrivée des secours, passagers à l’abri, puis alerte. Sans brevet de secourisme, reste à l’écart et garde ton calme.
En longeant les lieux, le code t’impose quatre choses :
- ralentir près des piétons, y compris ceux qui sont descendus de leur véhicule, partout où la route n’est pas entièrement dégagée, et en croisant ou en dépassant un véhicule immobilisé ou lent dont les feux de détresse sont allumés ;
- si ce véhicule est sur l’accotement ou la bande d’arrêt d’urgence et que tu roules sur le bord droit de la chaussée, changer de voie si tu peux le faire sans danger, sinon t’en éloigner le plus possible dans ta voie ;
- si tu dois toi-même ralentir fortement, allumer tes feux de détresse ; dans une file continue, seul le dernier véhicule y est tenu ;
- ne jamais rouler sur la bande d’arrêt d’urgence pour contourner le bouchon : y circuler coûte 3 points.
Protéger d’abord, alerter ensuite, secourir sans aggraver : voilà les trois réflexes de cette leçon. Impliqué dans un accident, tu t’arrêtes et tu remplis tes obligations avant de quitter les lieux. Le sprint de révision te redonne tout cela en cartes, puis le quiz te met en situation.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz3
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.