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Après l’examen du permis

Jeune conducteur : comprendre ton permis probatoire, de 6 à 12 points

Ton premier permis commence avec 6 points. La période probatoire dure normalement 3 ans, ou 2 ans après l’apprentissage anticipé de la conduite. Une formation complémentaire peut la raccourcir. Pour arriver à 12 points selon ce calendrier, tu dois éviter toute infraction entraînant un retrait de points.

Relu le sur les textes officiels, dont le Code de la route dans sa version du 12 octobre 2026.

Ces durées et conditions viennent des articles L. 223-1 et R. 223-1 du Code de la route.

À qui s’applique le permis probatoire et quand commence-t-il ?

Le permis probatoire concerne les personnes qui obtiennent leur premier permis de conduire. Il concerne aussi celles qui obtiennent un nouveau permis après une annulation judiciaire ou une invalidation pour solde de points nul (Sécurité routière). C’est la situation du permis qui compte, pas le fait d’être jeune au sens courant.

Le délai commence à la date d’obtention du permis, quelle qu’en soit la catégorie (R. 223-1, V). Si le B est ton premier permis, c’est la date d’obtention du B. Si tu as déjà obtenu une autre catégorie avant, par exemple un permis moto A1 ou A2, c’est la date d’obtention de cette première catégorie qui compte (Sécurité routière). Si tu passes ensuite le permis B après l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC) et que ton délai court déjà depuis plus de 2 ans sans être terminé, il prend fin le jour où tu obtiens le B (R. 223-1, V).

Trois informations à garder séparées

Pour suivre ton permis de conduire probatoire, distingue trois choses. La durée probatoire détermine pendant combien de temps les règles particulières s’appliquent. Ton solde est le nombre de points qu’il te reste. Ton plafond est le maximum que ton permis peut porter à ce moment-là. Un stage peut augmenter ton solde sans augmenter ce plafond ni avancer la fin de ta période probatoire (R. 223-1, R. 223-8).

Si tu prépares encore l’ETG, la leçon sur les jeunes conducteurs t’apprend les règles à reconnaître à l’examen.

Combien de temps faut-il pour passer de 6 à 12 points ?

Sans infraction donnant lieu à un retrait de points depuis le début, tu gagnes des points à chaque anniversaire du permis. L’apprentissage anticipé de la conduite, appelé AAC, donne une progression différente. La conduite supervisée ne bénéficie pas, à elle seule, de cette réduction : L. 223-1 réserve cet avantage à l’AAC.

Premier permis : progression sans infraction entraînant un retrait de points, selon R. 223-1
ParcoursAu départAprès 1 anAprès 2 ansAprès 3 ans
Apprentissage classique ou conduite supervisée, sans formation complémentaire6 points8 points10 points12 points, fin de la période
AAC, sans formation complémentaire6 points9 points12 points, fin de la périodePériode déjà terminée

Source du tableau : article R. 223-1. Les chiffres décrivent le parcours sans retrait, pas un nombre de points garanti chaque année. Si tu as déjà commis une infraction donnant lieu à retrait de points, ce tableau ne permet plus de calculer ton solde.

Un calendrier à partir de ta date d’obtention

Exemple fictif : tu obtiens ton premier permis B le 17 octobre 2026 après un apprentissage classique. Sans infraction entraînant un retrait de points et sans formation complémentaire, tu passes de 6 à 8 points le 17 octobre 2027, puis à 10 le 17 octobre 2028 et à 12 le 17 octobre 2029. Après l’AAC, les mêmes règles donnent 9 points au premier anniversaire et 12 au deuxième. Cet exemple applique R. 223-1 ; il ne décrit pas un dossier réel.

Si tu choisis encore ton apprentissage, compare les pages conduite accompagnée en AAC et conduite supervisée, puis regarde le minimum d’heures de conduite selon ton parcours.

Peux-tu raccourcir la période avec une formation post-permis ?

Oui, pour un premier permis, une formation complémentaire peut réduire le délai. Il faut aussi ne commettre, pendant ce délai, aucune infraction donnant lieu à un retrait de points ou entraînant une restriction ou une suspension du droit de conduire (L. 223-1). La condition ne se limite donc pas au nombre de points affiché le jour de la formation.

Effet de la formation complémentaire lorsque toutes les conditions sont remplies
Parcours initialDurée réduiteProgression des points
Classique ou supervisé2 ans au lieu de 3 ans6 au départ, 8 après 1 an, 12 à la fin des 2 ans
AAC1 an et 6 mois au lieu de 2 ans6 au départ, 9 après 1 an, 12 à la fin des 18 mois

Ces réductions et cette progression sont prévues par R. 223-1. Tu n’obtiens pas les 12 points dès la fin de la formation : ils arrivent au terme du délai réduit, sous les conditions légales.

La formation doit être dispensée par un établissement ou une association agréés disposant du label de qualité prévu, ou d’une équivalence reconnue. Avant de réserver, demande à l’organisme de confirmer ton éligibilité, la date possible et la transmission de l’attestation. R. 223-4-1 renvoie à des arrêtés pour la durée, le contenu et l’organisation. Fais confirmer ces modalités avant ton inscription.

Pour distinguer cette démarche d’un stage après infraction, consulte la page formation complémentaire après le permis. Elle sert à raccourcir la période ; le stage de récupération présenté plus bas répond à une perte de points.

Quelles règles dois-tu suivre pendant cette période ?

Ton parcours d’apprentissage change la durée, mais ne supprime pas les règles particulières pendant celle-ci. Pour tes premiers trajets, garde ces trois repères : le signe A, les vitesses maximales et le seuil d’alcool. Une règle plus récente concerne aussi la location d’un véhicule puissant.

Le signe A reste lié à la période probatoire

Tu dois apposer un signe distinctif visible à l’arrière du véhicule pendant la période probatoire : R. 413-5 impose cette signalisation, et Service-Public précise qu’il s’agit du signe A pour le premier permis. Prendre la voiture d’un proche ne dispense pas de cette obligation : le texte vise le conducteur en circulation.

Le détail du placement et de la durée se trouve dans la page disque A du jeune conducteur. Pour savoir quand le retirer, pars de la fin effective de ton délai, avec sa réduction éventuelle, et non d’un nombre de mois choisi approximativement.

Les plafonds de vitesse à garder en tête

Plafonds du permis probatoire, sous réserve d’une limitation plus basse
Voie empruntéePlafond probatoire
Section d’autoroute normalement limitée à 130 km/h110 km/h
Autre section d’autoroute ou route à deux chaussées séparées par un terre-plein central100 km/h
Toute autre route80 km/h

Source : R. 413-5, qui vise aussi tout élève conducteur, pas seulement les titulaires du permis. Une limitation locale plus basse reste prioritaire, selon R. 413-1. En agglomération, la règle générale est 50 km/h, sous réserve des règles et limitations locales (R. 413-3). Si la visibilité est inférieure à 50 mètres, le maximum est 50 km/h sur tous les réseaux, autoroutes comprises (R. 413-4).

Cas pratique : sur une autoroute limitée localement à 90 km/h, tu ne peux pas rouler à 100 km/h sous prétexte d’être en permis probatoire. Tu respectes 90 km/h. À l’inverse, sur une route limitée à 90 km/h, hors autoroute et hors route à deux chaussées séparées par un terre-plein central, tu restes à 80 km/h (R. 413-5, I, 3°). Pour les cas de pluie et les différents types de routes, consulte les limitations de vitesse du jeune conducteur.

Alcool : le seuil sanctionné commence à 0,2 g/l

Pendant le permis probatoire, conduire avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,20 g par litre de sang, ou 0,10 mg par litre d’air expiré, est interdit. Le seuil lui-même n’est pas autorisé. La contravention prévue par R. 234-1 entraîne le retrait de 6 points. Avec un solde de 6 points, ce retrait suffit à atteindre zéro.

Pour organiser une sortie, la consigne prudente est de prévoir de ne pas boire si tu conduis. Ne transforme pas le seuil en nombre de verres « permis ». La page alcool et jeune conducteur détaille cette règle et ses conséquences.

Location de courte durée : une limite de puissance

Une règle issue de la loi du 18 août 2026 concerne la location. Pendant ton délai probatoire, tu ne peux pas conclure un contrat de location de courte durée pour un véhicule dont la puissance du moteur dépasse un seuil fixé par voie réglementaire (L. 317-10). Le loueur qui te loue un tel véhicule est puni d’une contravention de la 5e classe. Le Code ne donne pas ce seuil : il renvoie à un texte réglementaire. Renseigne-toi sur ce seuil avant de louer un véhicule puissant.

Tu as perdu des points : qu’est-ce qui change ?

La progression annuelle s’arrête, même pour un seul point

Les points supplémentaires annuels supposent qu’aucune infraction ayant donné lieu à retrait n’ait été commise depuis le début de la période (L. 223-1, R. 223-1). Une année sans nouvelle infraction ne suffit donc pas à relancer cette progression.

Si une infraction ne t’a fait perdre qu’un seul point, ce point t’est rendu 6 mois après la date à laquelle l’infraction est définitivement établie (par exemple le paiement de l’amende forfaitaire), à condition de ne commettre aucune nouvelle infraction retirant des points dans l’intervalle (L. 223-6, 3e alinéa). Mais récupérer ce point n’efface pas l’infraction pour le calcul des majorations probatoires. Les autres délais de récupération sont détaillés dans la page récupérer des points de permis.

Exemple fictif : retour à 6 points, mais pas de passage à 8

Tu perds 1 point pendant ta première année et passes de 6 à 5. Si les conditions de récupération du point sont remplies, tu peux revenir à 6. Tu ne bénéficies pourtant plus des 2 points supplémentaires du premier anniversaire. Retrouver ton solde de départ et obtenir une majoration annuelle sont deux opérations différentes (L. 223-6 et R. 223-1).

Attention aussi à la date du retrait : L. 223-1 prévoit que la réalité de l’infraction est établie par le paiement de l’amende forfaitaire, l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, l’exécution d’une composition pénale ou une condamnation définitive. Pour comprendre ton dossier, conserve les avis et notifications, et consulte la page consulter ton solde de points.

Une infraction retirant au moins 3 points impose un stage

Si tu commets pendant la période probatoire une infraction entraînant le retrait d’au moins 3 points, la notification du retrait t’est envoyée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Elle t’informe de l’obligation de suivre un stage dans un délai de 4 mois (R. 223-4). Ce délai court à partir du moment où tu es informé de la perte de points par cette lettre (Sécurité routière).

Si tu ne suis pas ce stage dans les 4 mois, tu encours une amende de 4e classe et une suspension du permis pouvant aller jusqu’à 3 ans (R. 223-4, II et III).

Cette démarche concerne un permis qui conserve des points. Si le retrait épuise ton solde, consulte le cas du permis à zéro point, décrit plus bas. Le critère porte sur une seule infraction : trois infractions à un point chacune ne déclenchent pas ce stage obligatoire.

Le stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, sans dépasser le plafond de ton permis. La récupération par stage est possible dans la limite d’une fois par an. Par exemple, un solde de 3 points avec un plafond de 6 peut remonter à 6, pas à 7. Sources : L. 223-6 et R. 223-8.

Les étapes du stage et le remboursement de l’amende sont détaillés dans la page perte de points et stage en permis probatoire.

À zéro point, le permis perd sa validité

Ce n’est pas une simple prolongation de la période probatoire. L. 223-1 prévoit la perte de validité du permis à zéro point. Tu reçois alors l’ordre de remettre ton permis au préfet de ton département de résidence et tu n’as plus le droit de conduire (L. 223-5, I). Refuser de le remettre ou conduire malgré cet ordre est puni de 2 ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende, avec des peines complémentaires possibles (L. 223-5, III, IV et V).

Pour conduire de nouveau, il te faut un nouveau permis. Tu dois attendre au moins 6 mois à compter de la remise de ton permis au préfet, et tu dois être reconnu apte après un examen ou une analyse médical, clinique, biologique et psychotechnique, à tes frais (L. 223-5, II). Ce délai est porté à un an si un nouveau retrait de la totalité des points intervient dans les 5 ans suivant le précédent.

Une fois l’invalidation notifiée, un stage ne te rend pas ton permis. Service-Public l’indique : la récupération de points est impossible si le permis est invalidé par une décision administrative. Pour la différence entre invalidation, suspension, annulation et rétention, lis la page suspension, annulation, invalidation et rétention du permis.

Fin de période probatoire : que faut-il vérifier ?

Reprends ta date de départ, ta formule d’apprentissage et l’éventuelle réduction liée à la formation complémentaire. Vérifie ensuite séparément le nombre de points : la fin du délai ne donne pas automatiquement 12 points après une infraction. Dans ce cas, R. 223-1 renvoie aux règles de récupération de L. 223-6.

Une perte de points ne fait pas repartir à zéro le délai probatoire ordinaire fixé par L. 223-1. En revanche, elle peut empêcher de bénéficier du délai réduit par la formation complémentaire. Quand le délai applicable est terminé, les obligations propres à cette période cessent, notamment celles prévues par R. 413-5. Un solde encore inférieur à 12 ne suffit donc pas à conclure que tu dois toujours porter le A.

Pour approfondir le fonctionnement général après cette période, passe à la leçon sur le permis à points.

Questions fréquentes sur le permis probatoire

À qui s’adresse le permis probatoire ?

Il concerne les personnes qui obtiennent leur premier permis et celles qui en obtiennent un nouveau après une annulation judiciaire ou une invalidation pour perte totale des points. Le dispositif ne se limite pas aux personnes d’un certain âge.

Sources : Sécurité routière : définition du permis probatoire.

Quand le permis probatoire prend-il effet ?

Le délai commence à la date d’obtention du permis de conduire, quelle que soit la catégorie. Une première catégorie déjà obtenue, par exemple un permis moto, peut donc compter dans ton calendrier.

Sources : Code de la route, article R. 223-1, Sécurité routière : définition du permis probatoire.

La conduite supervisée réduit-elle le permis probatoire à 2 ans ?

Non, pas à elle seule. La réduction de 3 à 2 ans liée à l’apprentissage concerne l’AAC. Une formation complémentaire peut aussi réduire le délai, si ses conditions sont remplies.

Sources : Code de la route, article L. 223-1, Code de la route, article R. 223-1.

Récupérer un point relance-t-il les points supplémentaires annuels ?

Non. La majoration annuelle exige qu’aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points n’ait été commise depuis le début de la période. La récupération du point ne rétablit pas cette condition.

Sources : Code de la route, article L. 223-1, Code de la route, article L. 223-6.

Faut-il attendre 12 points pour enlever le A ?

Le A est lié à la période probatoire. Si celle-ci est terminée, un solde inférieur à 12 points ne prolonge pas à lui seul cette obligation. Vérifie la fin du délai applicable à ton parcours, surtout si tu comptais sur une formation complémentaire pour le réduire.

Sources : Code de la route, article R. 413-5, Code de la route, article R. 223-1.

Le stage après une infraction raccourcit-il la période probatoire ?

Non. Le stage de sensibilisation après une perte de points permet une récupération dans les limites légales. La réduction de la période probatoire relève d’une autre formation, la formation complémentaire, avec ses propres conditions.

Sources : Code de la route, article L. 223-6, Code de la route, article R. 223-8, Code de la route, article R. 223-1.

Tu prépares encore l’examen du code ? Retrouve les règles à apprendre dans la leçon dédiée.

Étudier la leçon sur les jeunes conducteurs

Sources officielles et dates

Textes relus le 17 octobre 2026, dans la version du Code de la route à jour au 12 octobre 2026. La version de chaque article est précisée ci-dessous.

  1. Code de la route, article L. 223-1. Ordonnance du 28 mars 2018, article 1. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  2. Code de la route, article R. 223-1. Décret du 3 août 2018, article 2. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  3. Code de la route, article R. 223-4-1. Décret du 31 décembre 2025, article 22. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  4. Code de la route, article R. 223-4. Décret du 29 décembre 2015, article 3. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  5. Code de la route, article L. 223-6. Loi du 14 mars 2011, article 75. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  6. Code de la route, article R. 223-8. Décret du 31 décembre 2025, article 23. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  7. Code de la route, article L. 223-5. Ordonnance du 11 septembre 2019, article 5. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  8. Code de la route, article R. 413-5. Décret du 11 juillet 2003, article 4, en vigueur le 1er mars 2004. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  9. Code de la route, article R. 413-1. Décret du 22 mars 2001. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  10. Code de la route, article R. 413-3. Décret du 3 janvier 2014, article 1. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  11. Code de la route, article R. 413-4. Décret du 22 mars 2001. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  12. Code de la route, article R. 234-1. Décret du 21 août 2019, article 1. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  13. Code de la route, article L. 317-10. Loi du 18 août 2026, article 7. Version en vigueur au 12 octobre 2026.
  14. Sécurité routière : définition du permis probatoire. Page consultée le 16 octobre 2026, sans date de mise à jour affichée.
  15. Service-Public : permis B, voiture ou camionnette. Fiche vérifiée par Service-Public le 26 mai 2025, consultée le 16 octobre 2026.
  16. Service-Public : récupération des points du permis de conduire. Fiche vérifiée par Service-Public le 17 septembre 2025, consultée le 17 octobre 2026.