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Jeune conducteur

Formation post permis : comment raccourcir ta période probatoire ?

La formation post permis dure 7 heures sur une journée, à suivre entre six mois et un an après ton premier permis. Sous conditions, elle ramène ta période probatoire de trois à deux ans, ou de deux ans à dix-huit mois après l’apprentissage anticipé de la conduite. Tu atteins ainsi les douze points plus tôt, sans recevoir de points supplémentaires le jour du stage.

Textes relus le .

Références : article L. 223-1 et article R. 223-1 du code de la route, arrêté du 2 mai 2019.

À quoi sert cette formation complémentaire ?

Une fois le permis obtenu, tu conduis sans enseignant à côté de toi. La formation complémentaire te propose de revenir sur cette première expérience : les situations qui te mettent en difficulté, ta manière de percevoir les risques et les choix que tu fais pour te déplacer. Son objectif réglementaire est de renforcer les compétences acquises depuis le début de ton apprentissage, ce que précise l’article R. 223-4-1. Le ministère de l’Intérieur explique le choix de la période par un pic d’accidentalité observé chez les nouveaux conducteurs entre le 6e et le 12e mois après le permis.

Le stage post permis est volontaire. Le ministère de l’Intérieur écrit qu’il « relève du volontariat » (page publiée le 28 mai 2019). En contrepartie, ta période probatoire est réduite si tu respectes la condition de l’article L. 223-1, expliquée plus bas.

Pour revoir les règles du permis probatoire en vue de l’examen, va à la leçon sur les jeunes conducteurs. Pour une vue d’ensemble de tes premières années au volant, consulte le guide du permis probatoire.

Qui peut bénéficier de la réduction ?

Le dispositif vise les titulaires d’un premier permis de conduire (article L. 223-1). Le ministère de l’Intérieur précise qu’il s’agit d’un premier permis A1, A2, B1 ou B, et que la formation se suit entre le 6e et le 12e mois qui suivent son obtention. Si tu avais déjà l’une de ces catégories avant le B, c’est donc la date de ce premier permis qui compte. L’article R. 223-1, V, fait d’ailleurs courir le délai probatoire à compter de l’obtention du permis, quelle qu’en soit la catégorie.

Pour obtenir la réduction, tu dois suivre la formation dans le bon délai, auprès d’un établissement agréé qui dispose du label de qualité ou d’une équivalence reconnue (article R. 223-4-1, IV). Tu dois surtout ne commettre, pendant le délai probatoire, aucune infraction ayant donné lieu à un retrait de points ou ayant entraîné une restriction ou une suspension du droit de conduire (article L. 223-1).

La condition court pendant tout le délai probatoire

Suivre la journée ne suffit pas. La condition vaut pendant tout le délai probatoire, qui commence à l’obtention du permis (article R. 223-1, V), donc avant comme après la journée de formation. Une infraction qui n’a donné lieu ni à un retrait de points ni à une restriction ou une suspension du droit de conduire n’entre pas dans cette condition.

Le retrait de points ne suit pas toujours l’infraction tout de suite. L’article L. 223-1 dit que la réalité d’une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d’une amende forfaitaire, l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, l’exécution d’une composition pénale ou une condamnation définitive. Pour la condition de la réduction, le texte parle pourtant de l’infraction commise pendant le délai probatoire. D’après la lettre du texte, c’est donc la date de l’infraction qui compte, pas celle du retrait.

Quand suivre le stage post permis ?

La fenêtre est courte : entre six mois et un an après l’obtention du permis. L’annexe I de l’arrêté du 2 mai 2019 parle d’une formation « suivie entre six mois et un an après l’obtention du permis de conduire ». Service Public, dans sa fiche vérifiée le 15 janvier 2026, écrit : « Elle a lieu entre le 6e et le 12e mois après l’obtention du permis de conduire ». C’est la journée de formation qui doit se situer dans cette période, pas simplement ta prise de contact avec l’auto-école.

Dans sa version issue du décret n° 2025-1437 du 31 décembre 2025, l’article R. 223-4-1 renvoie la durée, le contenu et l’organisation de la formation à des arrêtés du ministre chargé de la sécurité routière (V). La fenêtre et la durée de sept heures figurent dans l’arrêté du 2 mai 2019, que la fiche Service Public cite toujours dans ses références.

Pars de la date d’obtention de ton premier permis :

Combien de temps gagnes-tu, et quand arrivent les points ?

L’article R. 223-1 fixe le calendrier ci-dessous, et la fiche Service Public donne les mêmes étapes. Les durées partent de l’obtention du permis : elles ne repartent pas de zéro le jour de la formation. Le tableau suppose que les conditions relatives aux infractions sont respectées pendant toute la période concernée.

Durée probatoire et capital de points selon ton parcours, règles relues le 17 octobre 2026
ParcoursSans formation post permisAvec formation post permisTemps gagné
Formation classique ou conduite supervisée3 ans : 6 points au départ, 8 à un an, 10 à deux ans, 12 à trois ans.2 ans : 6 points au départ, 8 à un an, 12 à deux ans.1 an
Apprentissage anticipé de la conduite (AAC)2 ans : 6 points au départ, 9 à un an, 12 à deux ans.18 mois : 6 points au départ, 9 à un an, 12 à dix-huit mois.6 mois

La conduite supervisée appartient ici au premier parcours. Seul l’apprentissage anticipé de la conduite bénéficie du calendrier propre à l’AAC. Si tu hésites entre ces deux formules, notre page sur la conduite supervisée explique leur différence.

Exemple : un permis obtenu le 10 mars 2026

Tu obtiens ton permis le 10 mars 2026 et tu suis la formation en novembre 2026, au huitième mois : tu es dans la fenêtre. Ton capital reste à 6 points le jour de la formation. La suite, si tu ne commets aucune infraction visée par la condition :

Ces dates se calculent avec l’article R. 223-1 : le délai part de l’obtention du permis, et les points s’ajoutent au terme de chaque année du délai.

Ce que tu gagnes réellement

Tu avances la fin de ta période probatoire et l’accès au capital maximal. Tu n’achètes pas des points immédiatement disponibles. Le plafond final reste de douze points.

Comment se déroule la journée de sept heures ?

L’arrêté du 2 mai 2019 fixe le cadre de la journée. Elle dure sept heures effectives, hors pause méridienne (la pause du midi), au cours d’une même journée (article 3). Les vérifications administratives et le règlement financier se font en dehors de ces heures (article 3). Le groupe réunit de six à douze élèves (article 4, modifié par l’arrêté du 6 mars 2020). L’enseignant de la conduite et de la sécurité routière reste avec tout le groupe pendant toute la durée de la formation (article 5).

Le programme figure à l’annexe I. Il comporte deux modules : l’un « visant à améliorer la compréhension et la gestion de situations de conduite complexes », le matin ; l’autre « visant à rendre les déplacements plus sûrs et plus citoyens par des choix de mobilité responsables », l’après-midi. Les outils évitent les cas d’accidents et privilégient des situations de conduite ou des questions de mobilité, avec des travaux en petits groupes dès que possible.

Les neuf séquences de la journée, d’après l’annexe I de l’arrêté du 2 mai 2019
SéquenceDuréeCe qui s’y passe
Le matin : 4 heures
1. Présentation de la formation10 minLes objectifs, le cadre pédagogique (anonymat, liberté de parole), les horaires, la participation active et la réduction de la période probatoire.
2. Questionnaire d’entrée en formation (autoévaluation)15 minUn questionnaire sur toi (âge, études, loisirs) et sur ton expérience de la route (ancienneté du permis, kilomètres parcourus, véhicule utilisé).
3. Constitution du groupe35 minPrésentations, puis échanges sur vos expériences : types de trajet, véhicules utilisés, situations de presque-accident.
4. Traitement du questionnaire d’autoévaluation45 minLes réponses sont exploitées avec le groupe, surtout par des travaux en sous-groupes.
5. Perception des risques1 hTu évalues seul ta perception des risques, puis le groupe échange sur les résultats, à partir de photos ou de vidéos. Un simulateur peut servir au début, 20 minutes au plus.
6. Situations complexes1 h 15Travail sur des situations de conduite complexes, qui mettent en jeu plusieurs comportements et plusieurs usagers, à partir de photos ou de vidéos. Même limite de 20 minutes pour le simulateur.
L’après-midi : 3 heures
7. Mobilité et thématiques caractéristiques des jeunes1 h 45Situations types : sorties festives, de nuit, pression des pairs, distracteurs, produits psychoactifs. Objectif : anticiper tes déplacements et savoir refuser ou exprimer ton désaccord.
8. Choix de mobilité1 hCe qui détermine tes choix de déplacement, les questions d’environnement et les autres modes de déplacement.
9. Bilan avec engagement15 minTu t’engages oralement face à toi-même et face au groupe. Un support qui matérialise cet engagement est préconisé.

Tu dois suivre la formation en entier pour recevoir l’attestation (article 7). Les élèves signent une feuille d’émargement au début de chaque demi-journée (article 6). Le même article 6 prévoit une exclusion de la formation dans trois cas : désintéressement visible pour la formation dispensée, comportement faisant manifestement apparaître la consommation de produits psychoactifs et non-respect des horaires.

Où t’inscrire et que vérifier avant de payer ?

D’après l’article R. 223-4-1, IV, la formation est dispensée par une auto-école agréée, ou par une association d’insertion ou de réinsertion sociale ou professionnelle agréée. Dans les deux cas, l’établissement doit disposer du label de qualité prévu par arrêté ou d’une équivalence reconnue par ce même arrêté. Avant de payer, vérifie trois points :

  1. Le label. Cherche l’établissement avec l’outil officiel « Trouver une auto-école labellisée près de chez soi », cité par la fiche Service Public. Sans label ni équivalence reconnue, la condition de l’article R. 223-4-1, IV, n’est pas remplie.
  2. La date. La journée doit tomber entre six mois et un an après l’obtention de ton premier permis (annexe I de l’arrêté du 2 mai 2019). Compte à partir de la date de ce permis, pas de ta demande d’inscription.
  3. La déclaration au préfet. L’établissement doit déclarer la formation au préfet du département où elle se déroule, au moins huit jours avant la date prévue. Sans cette déclaration, les attestations de suivi ne sont pas enregistrées (article 8 de l’arrêté). Demande-lui si ta session est déclarée.

Après la formation : attestation, dossier et fin de période

L’attestation n’est délivrée qu’à l’élève qui a suivi toute la formation (article 7 de l’arrêté ; Service Public). Son modèle figure à l’annexe II. Il comporte ton identité, le numéro et la date de délivrance de ton permis, la date de la formation, le nom de l’enseignant, la date à laquelle la formation a été déclarée au préfet, le cachet de l’établissement et les signatures de l’enseignant, du titulaire de l’agrément et du bénéficiaire. Relis ces mentions avant de partir, puis conserve l’attestation.

L’établissement garde pendant cinq ans, à compter de la date de la formation, la liste des bénéficiaires et les feuilles d’émargement (article 7). Pour la suite, l’article R. 223-4-1, V, confie à des arrêtés du ministre chargé de la sécurité routière les modalités de délivrance et de transmission de l’attestation.

À l’approche de la date où tes points doivent augmenter, tu peux consulter ton solde avec le service en ligne « Consulter et télécharger les informations du permis de conduire », accessible depuis la fiche Service Public. Il donne notamment le solde de points.

La formation ne t’autorise pas à enlever le A dès le soir du stage. L’article R. 413-5 rattache cette obligation au délai probatoire. Consulte la page sur le disque A pour son utilisation et sa durée.

Post permis et récupération de points : deux besoins différents

La formation complémentaire raccourcit la période probatoire lorsque tu remplis les conditions. Elle ne donne aucun point le jour du stage et ne répare pas une perte de points. Si une infraction commise pendant le délai probatoire a donné lieu à un retrait de points, même d’un seul point, la condition de l’article L. 223-1 n’est pas remplie : le texte vise la commission de l’infraction, pas ton solde de points à un moment donné. Dans ce cas, l’article R. 223-1, IV, renvoie à l’article L. 223-6 pour l’affectation du nombre maximal de points. La fiche Service Public le résume ainsi : une infraction qui entraîne une perte de points pendant la période probatoire interrompt l’augmentation annuelle des points.

Avant de réserver un stage après une sanction, consulte notre page sur la perte de points et le stage en permis probatoire. Elle traite du dispositif adapté à cette situation. Les mécanismes généraux sont expliqués dans la leçon sur le permis à points.

Questions fréquentes sur la formation post permis

La formation post permis est-elle obligatoire ?

Non. Elle repose sur le volontariat. Sans cette formation, la période probatoire reste de trois ans dans le parcours classique, ou de deux ans après l’apprentissage anticipé de la conduite. Le stage imposé après certaines pertes de points relève d’un autre dispositif.

Puis-je faire le stage post permis après un an de permis ?

Pas pour obtenir la réduction. La formation doit être suivie entre six mois et un an après l’obtention du premier permis. Une inscription faite à temps ne suffit pas : c’est la journée de formation qui doit tomber dans cette fenêtre.

Est-ce que je gagne des points le jour du stage ?

Non. La formation ne donne aucun point le jour même : elle avance la date à laquelle tu atteins les douze points (article R. 223-1, II). Les dates sont dans le tableau de cette page.

Une perte d’un seul point empêche-t-elle la réduction ?

Oui, si elle résulte d’une infraction commise pendant le délai probatoire. L’article L. 223-1 ne fixe aucun seuil : il vise toute infraction ayant donné lieu à un retrait de points. D’après notre lecture, la condition porte sur l’infraction commise, pas sur ton solde de points à un moment donné. Récupérer ensuite le point ne change donc pas le fait qu’elle a été commise. Pour la suite d’un retrait pendant le délai probatoire, l’article R. 223-1, IV, renvoie à l’article L. 223-6.

Peut-on enlever le A dès la fin de la formation ?

Non. Le A reste obligatoire pendant le délai probatoire (article R. 413-5). La journée de formation ne met pas fin immédiatement à ce délai : il faut attendre la fin de la période réduite et remplir les conditions pour en bénéficier.

Faut-il repasser le code ou la conduite ?

Non. La formation se termine par une attestation de suivi, pas par un examen. Tu dois la suivre en entier. L’article 6 de l’arrêté du 2 mai 2019 prévoit une exclusion dans trois cas : désintéressement visible pour la formation dispensée, comportement faisant manifestement apparaître la consommation de produits psychoactifs et non-respect des horaires.

Références de ces réponses : page du ministère de l’Intérieur du 28 mai 2019, arrêté du 2 mai 2019, fiche Service Public, articles L. 223-1, R. 223-1 et R. 413-5.

Tu prépares encore l’examen du code ? Retrouve les règles du permis probatoire dans la leçon consacrée aux jeunes conducteurs.

Revoir la leçon jeunes conducteurs

Sources officielles

Textes et fiches relus le 17 octobre 2026.

  1. Code de la route, article L. 223-1, rédaction issue de l’ordonnance du 28 mars 2018 : premier permis, condition liée aux infractions, réduction du délai probatoire et manière d’établir la réalité d’une infraction.
  2. Code de la route, article R. 223-1, rédaction issue du décret du 3 août 2018 : durées, majorations, capital maximal et point de départ du délai probatoire.
  3. Code de la route, article R. 223-4-1, rédaction issue du décret n° 2025-1437 du 31 décembre 2025 : objectif de la formation, établissements agréés avec label de qualité ou équivalence, arrêtés qui fixent la durée, le contenu, l’organisation et la transmission de l’attestation.
  4. Arrêté du 2 mai 2019 relatif à la formation complémentaire prévue à l’article L. 223-1 du code de la route, publié au Journal officiel du 10 mai 2019, texte consolidé en vigueur au 9 février 2025 (dernière mise à jour des données du texte : 14 mars 2020) : durée, effectif, présence de l’enseignant, exclusion et feuille d’émargement, attestation, déclaration au préfet (articles 3 à 8), programme (annexe I) et modèle d’attestation (annexe II).
  5. Service Public, « Qu’est-ce que le permis de conduire probatoire ? », vérifié par la DILA le 15 janvier 2026, consulté le 17 octobre 2026 : points selon le parcours, fenêtre et durée de la formation, label, attestation et services en ligne.
  6. Ministère de l’Intérieur, « La formation complémentaire “postpermis” est désormais en place dans les écoles disposant du label “École conduite qualité” », page publiée et archivée le 28 mai 2019, consultée le 17 octobre 2026 : volontariat, catégories du premier permis (A1, A2, B1, B), fenêtre du 6e au 12e mois et pic d’accidentalité.
  7. Code de la route, article R. 413-5, version en vigueur depuis le 1er mars 2004 : obligation du signe distinctif pendant le délai probatoire.