Conducteur à bord ou parti faire une course : la nuance qui change l'amende
- Arrêt : le temps de faire monter ou descendre quelqu’un, de charger ou de décharger, conducteur aux commandes ou tout près. Tout le reste est du stationnement.
- En agglomération, chaussée à double sens : côté droit. Sens unique : droite ou gauche. Hors agglomération : hors de la chaussée autant que possible.
- B6a1, une barre rouge : stationnement interdit, l’arrêt reste possible. B6d, deux barres croisées : ni arrêt, ni stationnement.
- Ces panneaux ne valent que de leur côté de la route. Sans panonceau, l’interdiction va jusqu’à la prochaine intersection.
- Bordure peinte en jaune : ligne discontinue (pointillés), stationnement interdit ; ligne continue, arrêt interdit aussi.
Les deux conditions de l’arrêt, les flèches sous les panneaux, les amendes et les précautions avant de t’éloigner : tout est plus bas.
Même rue, même panneau de stationnement interdit, deux voitures immobiles deux minutes : l’une est en règle, l’autre non. Dans la première, le conducteur reste au volant pendant qu’un passager descend avec ses bagages. Le conducteur de la seconde est entré dans une boulangerie. Le code ne compte pas les minutes : il regarde ce que tu fais et où tu te trouves.
Arrêt ou stationnement : où passe la frontière ?
Deux conditions vont donc ensemble. Un motif : quelqu’un monte ou descend, ou tu charges, ou tu décharges, le temps nécessaire et pas plus. Et ta présence : au volant, ou assez près pour bouger la voiture. Qu’une seule manque, et c’est un stationnement. Le texte ne donne aucune durée en minutes et ne dit pas un mot du moteur.
- Tu déposes un ami devant la gare et tu repars aussitôt : arrêt.
- Tu sors des cartons du coffre devant chez toi, sans t’éloigner de la voiture : arrêt.
- Tu coupes le moteur pour aller acheter du pain, même deux minutes : stationnement.
Moteur coupé, tu laisses ta voiture deux minutes pour retirer de l’argent au distributeur d’en face. Ta voiture est :
Pourquoi cette nuance change-t-elle l’amende ?
Parce que beaucoup d’interdictions ne visent que le stationnement. Sous un panneau de stationnement interdit, déposer ton passager ne te coûte rien. Y laisser ta voiture le temps d’une course enfreint la règle que le panneau annonce : contravention de 2e classe, 35 € d’amende forfaitaire.
Le code fait la même distinction. Devant l’entrée carrossable d’un immeuble, celle d’un garage par exemple, ou devant une borne de recharge, c’est le stationnement qu’il déclare gênant : 35 €. D’autres endroits t’interdisent même l’arrêt : un passage pour piétons, une voie réservée aux bus et, pour une voiture, un trottoir, une piste ou une bande cyclable. L’arrêt y est très gênant : 4e classe, 135 €.
En cas de stationnement gênant ou très gênant, si le conducteur est absent ou refuse de partir malgré l’injonction des agents, l’immobilisation et la mise en fourrière peuvent être prescrites. L’échelle complète, du gênant au dangereux, est dans la leçon suivante.
De quel côté de la chaussée dois-tu te placer ?
L’agglomération est l’espace où sont groupés des immeubles bâtis rapprochés, dont l’entrée et la sortie sont signalées par des panneaux. Là, à l’arrêt comme en stationnement, trois règles fixent ta place :
- sur l’accotement, s’il n’est pas réservé à une catégorie particulière d’usagers et si l’état du sol s’y prête ;
- sur une chaussée à double sens, du côté droit ;
- sur une chaussée à sens unique, du côté droit ou du côté gauche.
L’autorité de police peut en décider autrement sur une chaussée donnée. Sinon, un arrêt ou un stationnement mal placé est une contravention de 2e classe : 35 €. Ne confonds pas accotement et trottoir : pour une voiture, s’arrêter ou stationner sur un trottoir est très gênant, 135 €.
Hors agglomération, tu te places autant que possible hors de la chaussée. Si tu ne peux pas faire autrement, tu restes dessus : à droite sur une chaussée à double sens, à droite ou à gauche sur une chaussée à sens unique. Un stationnement mal placé y coûte aussi 35 €.
Partout, ta voiture immobile ne doit créer aucun danger. Près d’une intersection, d’un virage, d’un sommet de côte ou d’un passage à niveau, quand la visibilité est insuffisante, l’arrêt comme le stationnement sont dangereux : 135 € et 3 points en moins.
Hors agglomération, tu veux faire une pause au bord de la route. Où places-tu ta voiture ?
Une barre ou deux barres rouges : que t’interdit le panneau ?
Les panneaux B6a1 et B6d sont ronds, à fond bleu, bordés de rouge. Le B6a1, traversé d’une seule barre rouge, interdit le stationnement : tu peux encore t’y arrêter, le temps de déposer quelqu’un. Le B6d, barré de deux barres rouges croisées, interdit l’arrêt et le stationnement : tu ne t’y immobilises pas, même pour un passager. L’instruction sur la signalisation routière le résume : interdire l’arrêt, c’est aussi interdire le stationnement.
Sans panonceau, ces deux interdictions sont permanentes et visent tous les véhicules motorisés. Elles valent sur la chaussée et ses dépendances, pas seulement sur la chaussée. Un panonceau peut les limiter à certains jours, à certaines heures ou à une catégorie de véhicules. Le panonceau M6a indique que l’arrêt ou le stationnement y est gênant ou très gênant : un véhicule en infraction peut partir en fourrière, et si l’endroit est très gênant, l’amende passe à 135 €.
Rond bleu bordé de rouge, deux barres rouges croisées. Ton passager veut descendre juste là. Tu :
Jusqu’où l’interdiction s’applique-t-elle ?
Un B6a1 ou un B6d ne vaut que du côté de la route où il est placé. Il s’applique à partir du panneau, dans ton sens de marche, jusqu’à la prochaine intersection (pour un B6a1 sans panonceau, l’instruction précise que cette intersection est comprise). Le trottoir d’en face n’est pas concerné et, après l’intersection, l’interdiction tombe. Sur une longue section, des panneaux intermédiaires peuvent la rappeler. Le panonceau M8 précise la portée. Sous un panneau placé face aux véhicules qui arrivent (perpendiculairement à l’axe de la chaussée), sa flèche est verticale :
- M8a, flèche vers le haut : l’interdiction commence au panneau ;
- M8b, flèche vers le bas : elle s’applique avant le panneau et s’arrête à sa hauteur, c’est la fin de la section ;
- M8c, double flèche verticale : elle s’applique de part et d’autre du panneau, c’est un rappel.
Sous un panneau posé parallèlement à l’axe de la chaussée, la flèche est horizontale : avec M8d (flèche vers la droite) ou M8e (flèche vers la gauche), l’interdiction commence au panneau et vaut dans le sens de la flèche, pas dans le sens opposé ; avec M8f (double flèche horizontale), elle s’applique de part et d’autre du panneau, du côté de la voie où il est planté. Deux autres panonceaux jouent sur la distance : le M1 donne la distance à partir de laquelle l’interdiction débute, le M2 (panonceau d’étendue) la distance sur laquelle elle porte.
Un cas à part : à l’entrée d’une zone à stationnement interdit, annoncée par le panneau carré B6b1, la règle vaut dans toute la zone sans être répétée. C’est l’objet de la leçon sur les zones de stationnement.
Bordure peinte en jaune : que te dit la peinture ?
Les marques sur la chaussée sont en principe blanches. Le jaune est réservé à quelques cas, dont les lignes qui interdisent l’arrêt ou le stationnement. Elles sont peintes sur le dessus de la bordure du trottoir, ou au bord de la chaussée :
- discontinue (en pointillés), la ligne signale un stationnement gênant ou très gênant : tu ne stationnes pas, l’arrêt reste possible ;
- continue, elle signale un arrêt gênant ou très gênant : ni arrêt, ni stationnement.
La ligne peut remplacer ou compléter un panneau accompagné du panonceau M6a : la ligne discontinue correspond au B6a1, la ligne continue au B6d. Le long d’un arrêt de bus, une ligne jaune en zigzag peut marquer l’emplacement de l’arrêt : pendant la période où les bus circulent, seuls les bus qui desservent l’arrêt peuvent s’y arrêter. Ni arrêt ni stationnement pour toi.
| Ce que tu vois | Arrêt (déposer, charger) | Stationnement |
|---|---|---|
| Panneau B6a1, une barre rouge | possible | interdit |
| Panneau B6d, deux barres croisées | interdit | interdit |
| Ligne jaune discontinue (pointillés) | possible | interdit |
| Ligne jaune continue | interdit | interdit |
| Zigzag jaune, quand les bus circulent | interdit | interdit |
« Possible » : sauf si une autre règle l’interdit, un passage pour piétons ou une piste cyclable par exemple.
La bordure du trottoir est peinte d’une ligne jaune discontinue, en pointillés. Tu peux :
Avant de quitter ta voiture, quelles précautions prendre ?
Le code te demande de ne t’éloigner qu’après avoir pris les précautions utiles pour qu’aucun accident ne survienne du fait de ton absence. Il n’en dresse pas la liste : c’est à toi d’y penser. Première précaution évidente : que ta voiture ne puisse pas se mettre à rouler. C’est à cela que sert le frein de stationnement. Avec une boîte automatique, la position P du levier retient aussi le véhicule en stationnement, comme le rappelle un exemple de question officiel de la Sécurité routière (avril 2020). Négliger ces précautions : contravention de 1re classe, 11 €.
Ouvrir une portière est interdit dès que cela crée un danger pour toi ou pour les autres usagers, un cycliste qui arrive le long de ta voiture par exemple. Avant d’ouvrir, assure-toi que personne n’arrive. Là aussi, 1re classe, 11 €. La sortie du véhicule est détaillée dans la leçon qui lui est consacrée.
Faire monter, descendre, charger ou décharger en restant aux commandes ou tout près, c’est un arrêt ; tout le reste est du stationnement. Une barre rouge interdit le stationnement, deux barres croisées interdisent aussi l’arrêt. Passe au sprint de révision pour fixer ces repères, puis au quiz pour vérifier tes réflexes.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz9
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.