0,2 g pour toi, 0,5 g pour les autres, délit dès 0,8 g : ce que la loi mesure vraiment
- Limite générale : 0,5 g d’alcool par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d’air expiré.
- Élève, permis probatoire, conducteur de bus ou d’autocar, conducteur limité à l’éthylotest anti-démarrage : 0,2 g/l (0,10 mg/l d’air), soit zéro verre.
- De ta limite à moins de 0,8 g/l : 135 € d’amende forfaitaire et 6 points retirés.
- Dès 0,8 g/l (0,40 mg/l), en ivresse manifeste ou en cas de refus des vérifications : délit, jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende.
- Seul le temps fait baisser le taux, de 0,10 à 0,15 g/l par heure. Le café n’y change rien.
Qui doit rester à 0,2, ce que pèse un verre, le contrôle et le prix de chaque palier : c’est juste en dessous.
Un seul verre peut suffire à te mettre en infraction. Pendant ton apprentissage puis ton permis probatoire, ta limite est de 0,2 g d’alcool par litre de sang : un verre de bière, de vin ou de whisky peut déjà l’atteindre.
Quels taux d’alcool le code de la route fixe-t-il ?
| Conducteur | Dans le sang | Dans l’air expiré | Infraction |
|---|---|---|---|
| Élève, permis probatoire, conducteur de transport en commun ou limité aux véhicules à éthylotest anti-démarrage | dès 0,2 g/l | dès 0,10 mg/l | contravention |
| Tous les autres conducteurs | dès 0,5 g/l | dès 0,25 mg/l | contravention |
| Tout conducteur | dès 0,8 g/l | dès 0,40 mg/l | délit |
Ces seuils valent même sans aucun signe d’ivresse : dès que la mesure atteint ta limite, tu es en infraction. Le code écrit « égale ou supérieure » : à 0,5 g/l pile, c’est déjà une infraction.
Tu as ton permis depuis dix ans, sans aucune restriction, et tu conduis ta voiture. La mesure de l’air expiré donne 0,30 mg/l. Tu es :
Pourquoi ta limite est-elle de 0,2 g/l, soit zéro verre ?
Le seuil de 0,2 g/l, soit 0,10 mg/l d’air, vise quatre conducteurs :
- l’élève, à l’auto-école comme en conduite accompagnée ou supervisée ;
- le conducteur en permis probatoire : 3 ans en principe, 2 ans après l’apprentissage anticipé de la conduite ;
- le conducteur d’un véhicule de transport en commun, de plus de huit places assises en plus de la sienne, comme un bus ou un autocar ;
- le conducteur limité aux véhicules à éthylotest anti-démarrage, qu’il doit utiliser avant chaque démarrage.
La Sécurité routière le résume en une formule : 0,2 g/l, c’est zéro verre. D’après elle, un verre fait monter le taux de 0,20 à 0,25 g/l en moyenne : le premier peut suffire à atteindre ta limite.
Ton permis démarre avec 6 points, sur 12 au maximum, et cette contravention en retire 6. Les points partent dès que l’infraction est établie, par exemple quand l’amende forfaitaire est payée ou que la condamnation devient définitive. La première année, ton solde tombe alors à zéro et ton permis perd sa validité. Pour en obtenir un nouveau, il faut attendre au moins 6 mois après avoir remis ton permis au préfet, être reconnu apte après un examen médical et psychotechnique à tes frais, puis repasser l’épreuve théorique et l’épreuve pratique de l’examen.
Les années suivantes, ton solde peut être plus haut et ne pas tomber à zéro. Mais pendant tout le délai probatoire, un retrait d’au moins 3 points t’oblige à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, dans un délai de quatre mois.
Tu as obtenu ton permis il y a huit mois. Avant de prendre le volant, tu peux boire :
Combien d’alcool dans un verre, et combien de temps pour l’éliminer ?
À verre égal, la bière n’est donc pas plus légère que le whisky. Pour redescendre, il n’y a qu’une solution : attendre. Selon la Sécurité routière, le foie élimine 95 % de l’alcool consommé, à la vitesse de 0,10 à 0,15 g/l par heure. Rien d’autre que le temps ne fait baisser le taux : ni le café, ni la douche froide.
Que change l’alcool à ta façon de conduire ?
L’alcool agit directement sur le cerveau, même à petite dose. Selon la Sécurité routière, dès 0,5 g/l :
- ton champ visuel se rétrécit ;
- ta perception du relief, de la profondeur et des distances est modifiée ;
- tu es plus sensible à l’éblouissement ;
- ta vigilance et ta résistance à la fatigue diminuent, et tes mouvements sont moins bien coordonnés.
L’alcool pousse aussi à sous-évaluer les risques et à surestimer ses capacités. Toujours selon la Sécurité routière, l’alcool est responsable de 30 % de la mortalité routière, et le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 18 chez un conducteur alcoolisé.
Avec des stupéfiants en plus, la Sécurité routière cite un addictologue : le cocktail drogues et alcool multiplie par 29 le risque d’avoir un accident mortel. Conduire après usage de stupéfiants avec un taux d’alcool interdit est puni de 5 ans de prison et de 15 000 € d’amende, avec 9 points retirés : le détail est dans la leçon sur les stupéfiants et les médicaments.
Que risques-tu, de la contravention au délit ?
| Sanction | Contravention, de ta limite à moins de 0,8 g/l | Délit, dès 0,8 g/l |
|---|---|---|
| Amende | 135 € en amende forfaitaire, 750 € au plus devant le juge | 9 000 € au plus |
| Prison | aucune | 3 ans au plus |
| Points retirés | 6 | 6, la moitié du maximum |
| Permis | suspension jusqu’à 3 ans par le juge | suspension jusqu’à 5 ans sans sursis, ou annulation |
La contravention est de la 4e classe, et ton véhicule peut être immobilisé sur place. Pour le délit, le juge peut aussi annuler ton permis ou confisquer ton véhicule si tu en es le propriétaire.
Deux autres situations sont aussi des délits, sans condition de taux : conduire en état d’ivresse manifeste, quand l’ivresse se voit, et refuser les vérifications, c’est-à-dire la mesure dans l’air expiré ou la prise de sang. Même peine maximale : 3 ans de prison et 9 000 € d’amende, avec 6 points retirés.
En récidive de l’un de ces délits, ton permis est annulé de plein droit et ton véhicule est confisqué si tu en es le propriétaire, sauf décision motivée du juge. Si tu causes la mort de quelqu’un au volant, sans le vouloir, avec un taux d’alcool interdit, c’est un homicide routier : 7 ans de prison et 100 000 € d’amende au plus, et ton permis est annulé de plein droit.
Comment se passe un contrôle d’alcoolémie ?
Les forces de l’ordre peuvent te contrôler à tout moment, même sans infraction ni accident. Le contrôle est obligatoire après un accident qui a fait des blessés, et pour l’auteur présumé d’une infraction que le code punit de la suspension du permis. En général, il suit trois temps :
- Le dépistage : tu souffles dans un éthylotest, électronique ou chimique.
- La vérification : elle suit un dépistage positif, ou ton refus de souffler. La refuser est un délit.
- Le résultat : la mesure dans l’air expiré t’est annoncée aussitôt, et un second contrôle est de droit si tu le demandes.
Les forces de l’ordre ne sont pas obligées de commencer par le dépistage : elles peuvent aussi faire la vérification tout de suite, sur les lieux, et directement quand l’ivresse est manifeste.
Dès 0,8 g/l, en ivresse manifeste ou en cas de refus des vérifications :
- ton permis est retenu sur place ;
- le préfet doit le suspendre, pour un an au plus, dans les 72 heures qui suivent la rétention, ou dans les 120 heures si des vérifications ont été faites ;
- à la place de la suspension, il peut limiter ton droit de conduire, un an au plus, aux véhicules équipés d’un éthylotest anti-démarrage ;
- ton véhicule peut être immobilisé jusqu’à ce qu’un autre conducteur qualifié prenne le volant, et même mis en fourrière avec l’autorisation du préfet.
Ces règles valent aussi pour l’accompagnateur d’un élève en conduite accompagnée : il peut être contrôlé, et il risque les mêmes sanctions que s’il conduisait.
En conduite accompagnée, c’est toi qui conduis. Ton accompagnateur a bu. Peut-il être contrôlé ?
Comment rentrer d’une soirée sans prendre le volant après avoir bu ?
Le plus sûr se décide avant de sortir : désigner Sam, celui qui conduit et ne boit pas d’alcool, ni avant ni pendant la soirée. Si personne ne peut l’être, prévois de dormir sur place, un taxi ou les transports en commun.
Tu as bu et tu comptais conduire ? La Sécurité routière conseille de souffler dans un éthylotest portant la mention NF, après avoir vérifié sa date de validité et lu la notice. Au-dessus de ta limite, attends sur place et refais un test avant de partir, ou demande à un ami qui n’a pas bu de te ramener.
Selon la Sécurité routière, l’éthylotest n’est plus obligatoire à bord depuis le 22 mai 2020. En revanche, les débits de boissons à consommer sur place, comme les bars, qui ferment entre 2 heures et 7 heures doivent mettre un ou plusieurs dispositifs de dépistage à la disposition du public.
0,2 g/l pour toi, 0,5 g/l pour les autres, délit dès 0,8 g/l. Le sprint de révision te les remet en cartes, puis le quiz vérifie que tu ne tombes plus dans les pièges.