Vision en tunnel, réaction d'une seconde, choc plus violent : pourquoi les limites existent
- Plus tu roules vite, plus ton champ visuel se réduit, jusqu’à une vision centrale de la route.
- Il te faut en moyenne une seconde pour réagir. À 50 km/h, ce sont 14 mètres parcourus avant de freiner.
- Une limite de vitesse ne vaut que dans des conditions optimales : bonnes conditions atmosphériques, trafic fluide, véhicule en bon état. Sinon, tu ralentis.
- Au-dessus de 80 km/h, un choc frontal tue ou laisse des séquelles irréversibles presque à coup sûr, selon la Sécurité routière.
- Jeune conducteur : 110, 100 et 80 km/h au plus, car ton inexpérience peut représenter un danger.
Ce que tes yeux ratent et comment compenser : c’est juste en dessous.
Ta vitesse change ce que tu vois. À grande vitesse, tu vois surtout la route devant toi. Les côtés t’échappent. L’examen du code veut que tu connaisses les limites, et surtout que tu comprennes pourquoi elles existent.
Pourquoi l’examen veut-il que tu comprennes les règles ?
Parce que réciter le code ne suffit pas pour bien conduire. La Sécurité routière en fait le premier principe de l’épreuve : il faut comprendre la légitimité des règles, c’est-à-dire pourquoi elles ont été mises en place.
Les questions de l’épreuve poussent à aiguiser ta prise de conscience des risques, qui est aussi l’un de ses thèmes officiels. Plusieurs exemples officiels ne portent sur aucun panneau : un piéton entre deux voitures garées, des passagers qui descendent d’un bus, une moto peu visible derrière toi. Au-delà de la règle, disent les corrigés, tu dois détecter les zones dangereuses.
Que voient encore tes yeux quand la vitesse monte ?
Or le danger peut venir des côtés : un piéton qui s’apprête à traverser entre deux voitures garées, par exemple. La parade, selon les corrigés officiels : balaie ton environnement du regard en permanence et contrôle régulièrement tes rétroviseurs, pour anticiper les événements, comme l’arrivée d’un motocycliste peu visible.
D’autres causes jouent sur ta vue, d’après la Sécurité routière : la nuit, ton champ visuel est atténué ; la somnolence, l’alcool et le téléphone le rétrécissent. Le code protège de son côté ton champ de vision contre les obstacles : ni le nombre ou la position de tes passagers, ni les objets transportés, ni un objet non transparent collé sur une vitre ne doivent le réduire, sous peine d’une contravention de 2e classe, 35 € d’amende forfaitaire.
Autoroute, 130 km/h, trafic fluide. Pour ne pas être surpris par une moto qui arrive derrière toi, tu…
Combien de temps te faut-il pour réagir à un danger ?
Pendant ce délai, ton freinage n’a pas commencé et ta voiture avance. À 50 km/h, une seconde représente 14 mètres selon la Sécurité routière, et la distance parcourue grandit avec la vitesse. Le freinage vient ensuite : sa distance dépend de l’état de la chaussée, mais surtout de la vitesse. Les deux distances forment la distance d’arrêt, qui augmente avec la vitesse, selon la Sécurité routière.
D’où la règle des deux secondes. Quand deux véhicules se suivent, la distance de sécurité doit te permettre d’éviter la collision si celui de devant ralentit brusquement ou s’arrête. Elle est d’autant plus grande que la vitesse est élevée et correspond à au moins deux secondes, soit le double du temps de réaction moyen. Cette moyenne vaut pour un conducteur reposé et sobre : fatigue, alcool, drogues et téléphone allongent ta réaction.
Pour la raccourcir, anticipe. Dès qu’une situation devient incertaine, lève le pied et pose-le devant la pédale de frein : les corrigés officiels y voient un moyen de réduire ton temps de réaction.
À 50 km/h, une seconde de réaction représente 14 mètres. À 90 km/h, pendant la même seconde, ta voiture parcourt…
Pourquoi rouler sous la limite ne suffit-il pas toujours ?
Tu règles ta vitesse sur l’état de la chaussée, la circulation et les obstacles prévisibles. Le code impose aussi de ralentir dans des cas précis, dont plusieurs tiennent à ce que tu ne vois pas encore :
- la route ne t’apparaît pas entièrement dégagée, ou risque d’être glissante ;
- la visibilité est insuffisante, par pluie ou brouillard ;
- tu abordes un virage ou une descente rapide ;
- tu approches d’un sommet de côte ou d’une intersection sans visibilité ;
- la route est étroite, encombrée ou bordée d’habitations ;
- tu croises ou dépasses des animaux ;
- tu croises ou dépasses un véhicule arrêté ou lent qui porte des feux spéciaux, ou dont le conducteur a allumé ses feux de détresse ;
- tu roules en feux de croisement.
La nuit, selon la Sécurité routière, tes feux de croisement n’éclairent qu’à 30 mètres, ce qui est aussi le minimum que le code exige d’eux par temps clair. À 70 km/h, un obstacle qui surgit dans la zone éclairée est inévitable. Et sous 50 mètres de visibilité, la vitesse maximale tombe à 50 km/h sur toutes les routes.
Autre danger de la nuit : l’éblouissement. Quand tu aperçois les feux d’un véhicule qui arrive en face, tu maintiens tes feux de croisement pour ne pas éblouir son conducteur, et tu portes ton regard vers l’accotement droit pour ne pas être ébloui : c’est la réponse attendue à la question 3 des exemples officiels. Selon la Sécurité routière, regarder le bord droit évite aussi les coups de volant ; une fois le véhicule passé, tu replaces ton regard au centre de la voie.
Ne pas rester maître de ta vitesse, ou ne pas la réduire dans ces cas, est une contravention de 4e classe : 135 € d’amende forfaitaire, même sous la limite affichée.
Le panneau C4a, carré bleu à chiffres blancs, ne donne qu’une vitesse conseillée, à suivre si les circonstances le permettent et si tu n’es pas tenu de respecter une vitesse inférieure propre à la catégorie de ton véhicule : en toutes circonstances, tu restes maître de ta vitesse. Le C4b, traversé d’une barre rouge, en marque la fin.
Route limitée à 80 km/h, beau temps. Tu approches d’un sommet de côte qui te cache la suite. Tu…
Que change la vitesse quand l’accident arrive ?
Elle pèse deux fois. Pour la Sécurité routière, la vitesse est à la fois un facteur déclencheur et un facteur aggravant de l’accident : tu vois moins large, ta seconde de réaction couvre plus de route, et le choc est d’autant plus violent que tu vas vite.
La Sécurité routière en fait la première cause de mortalité routière en France. Tout choc frontal au-dessus de 80 km/h entraîne presque inévitablement la mort ou des séquelles irréversibles, même pour un passager ceinturé. Et le temps gagné est maigre : dans une démonstration diffusée par la Sécurité routière, 10 kilomètres en ville à 60 km/h au lieu de 50 font gagner à peine 2 minutes.
Le panneau SR3a est un rectangle gris à bord jaune, dont la partie centrale blanche porte des pictogrammes noirs. Il annonce une zone où la vitesse est contrôlée par un dispositif de contrôle automatisé.
Pourquoi ralentir près des piétons, des vélos et des bus ?
Parce qu’ils sont les plus exposés en cas de choc et peuvent surgir là où tu ne regardes pas. Le code exige une prudence accrue envers les usagers les plus vulnérables, et t’impose de ralentir en croisant ou en dépassant des piétons, même ceux qui viennent de quitter un véhicule, ou des cyclistes.
Trois scènes tirées des corrigés officiels, avec ce que le code y ajoute :
- un piéton s’apprête à traverser entre deux voitures garées sans regarder vers toi : rien ne garantit qu’il t’a vu. S’il manifeste clairement l’intention de traverser ou s’il s’engage régulièrement, tu dois lui céder le passage, au besoin en t’arrêtant ;
- tu tournes à droite alors qu’un cycliste roule à ta droite : en tournant devant lui, tu risques de le heurter ;
- un bus est arrêté : ses passagers peuvent traverser la chaussée. Le code t’oblige d’ailleurs à ralentir en croisant ou en dépassant un véhicule de transport en commun, ou un véhicule affecté au transport d’enfants et portant sa signalisation spéciale, au moment de la descente et de la montée des voyageurs.
En ville, un bus est arrêté de l’autre côté de la rue et des passagers en descendent. Tu…
Pourquoi un jeune conducteur roule-t-il moins vite ?
Parce que l’expérience te manque encore pour trier ce que tu vois. Les corrigés officiels l’expliquent : ton regard et ton cerveau ne traitent pas toutes les informations au même moment, et c’est l’expérience, au fil des kilomètres, qui t’apprend à repérer les indices les plus utiles. Ton inexpérience peut donc représenter un danger, d’où une vitesse plus limitée.
Élève, puis titulaire d’un permis en délai probatoire, tu ne dépasses pas 110 km/h sur une autoroute limitée à 130, 100 km/h sur une autoroute limitée plus bas ou une route à deux chaussées séparées par un terre-plein central, et 80 km/h sur les autres routes. Si l’autorité de police de la circulation impose une limite plus restrictive sur la route, c’est elle qui prévaut.
Le délai probatoire dure trois ans, deux ans après un apprentissage anticipé de la conduite. Pour un premier permis, il est encore réduit si tu suis la formation complémentaire et que tu ne commets, pendant ce délai, aucune infraction qui retire des points ou qui entraîne une restriction ou une suspension du droit de conduire : d’un an, ou de six mois après un apprentissage anticipé. Ton permis démarre aussi avec 6 points sur 12 : une seule infraction peut suffire à l’invalider, rappellent les corrigés.
Revois tout cela en cartes dans le sprint de révision, puis vérifie avec le quiz que tu sais l’appliquer à des situations de route.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz3
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.