Bâillements, paupières lourdes, regard fixe : quand ton corps te dit de t'arrêter
- Fatigue (yeux qui picotent, nuque raide, mal de dos, regard qui se fixe) : une pause au moins toutes les 2 heures.
- Somnolence (bâillements, paupières lourdes) : la pause ne suffit plus, tu t’arrêtes en lieu sûr et tu te reposes au moins un quart d’heure.
- La somnolence provoque des micro-sommeils de 1 à 4 secondes : plus personne ne conduit.
- 17 heures de veille équivalent à 0,5 g d’alcool par litre de sang.
- Le code t’oblige à rester constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai tes manœuvres. Dans un véhicule partiellement ou hautement automatisé, tu dois pouvoir répondre à une demande de reprise en main.
Les signes, les bons endroits pour t’arrêter, les pièges de l’examen : c’est juste en dessous.
Sur autoroute, un accident mortel sur trois est associé à la somnolence. Ton corps prévient pourtant avant de lâcher. Apprends à lire ses signes, et à savoir quand une pause suffit et quand il faut t’arrêter pour te reposer.
Fatigue ou somnolence : comment savoir où tu en es ?
| Ce que tu ressens | Ce que c’est | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| Yeux qui picotent, nuque raide, mal de dos, regard qui se fixe | la fatigue : tu as du mal à rester concentré | une pause, et au moins toutes les 2 heures |
| Bâillements, paupières lourdes | la somnolence : tu as du mal à rester éveillé | l’arrêt en lieu sûr et au moins un quart d’heure de repos |
Le vrai danger de la somnolence, ce sont les micro-sommeils : des endormissements de 1 à 4 secondes. Pendant ces secondes, plus personne ne conduit. À 50 km/h, une seule seconde représente déjà 14 mètres parcourus.
Après une heure et demie de route, tu bâilles sans arrêt et tes paupières tombent. Tu es…
Pourquoi la somnolence est-elle si dangereuse ?
Parce qu’on ne peut pas lutter contre elle au volant, et que les conducteurs ont souvent du mal à évaluer ce risque, note la Sécurité routière. Somnolent, ton risque d’avoir un accident est 8 fois plus élevé.
Dès les premiers signes, le risque d’accident dans la demi-heure qui suit est multiplié par 3 ou 4, selon le président du conseil scientifique de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, cité par la Sécurité routière. Il ajoute que tes réflexes sont altérés.
Des réflexes altérés, c’est un temps de réaction plus long. La Sécurité routière donne 1 à 2 secondes comme moyenne, mais pour un conducteur sans signe de fatigue. La distance d’arrêt, c’est la distance parcourue pendant ce temps de réaction, plus la distance de freinage : à 50 km/h, chaque seconde de réaction en plus ajoute 14 mètres avant même que tu freines.
Un repère parle à tout le monde : 17 heures de veille équivalent à 0,5 g d’alcool par litre de sang. Debout à 7 h, tu atteins ces 17 heures à minuit. 0,5 g par litre, c’est le taux à partir duquel l’alcool au volant est sanctionné pour la plupart des conducteurs ; en apprentissage ou en permis probatoire, la limite est même de 0,2 g par litre (article R. 234-1, I).
Quand faut-il t’arrêter, et pour combien de temps ?
Pour prévenir la fatigue, une pause au moins toutes les 2 heures, de jour comme de nuit. Dès les premiers signes de somnolence, tu t’arrêtes dans un endroit sûr et tu te reposes au moins un quart d’heure.
La pause toutes les 2 heures n’est écrite dans aucun article du code de la route : c’est la recommandation de la Sécurité routière. Le code, lui, exige de tout conducteur qu’il reste constamment en état et en position d’exécuter ses manœuvres sans délai (article R. 412-6, II). Avec des micro-sommeils, tu ne peux plus réagir sans délai.
Il te reste 40 km. Tu bâilles et tes paupières sont lourdes. Pour tenir jusqu’au bout, tu…
Où t’arrêter pour dormir sans danger ?
Dans un endroit sûr, hors de la circulation : un parking, une aire de repos, une place de stationnement. Sur autoroute, ce sera une aire.
Les aires s’annoncent à l’avance : panneau D46a, bleu, sur autoroute, panneau D46b sur route à chaussées séparées. Sous ce panneau, d’autres panneaux peuvent dire ce que tu trouves sur l’aire de repos : un lieu aménagé pour le stationnement, un emplacement pour pique-nique, d’autres services encore (instruction interministérielle sur la signalisation routière, 5e partie, articles 77 et 84-2).
- Le panneau C1a, à fond bleu et pictogramme blanc, signale un lieu aménagé pour le stationnement. Hors agglomération, sur une route à double sens, il signale aussi les points d’arrêt aménagés.
- Le panneau CE7, à fond blanc, bordure bleue et pictogramme noir, signale un emplacement pour pique-nique aménagé, avec tables, bancs et coins d’ombre.
Sur autoroute, tu sens tes paupières s’alourdir et tu veux faire un somme. Tu t’arrêtes…
Manque de sommeil, nuit, vitesse : qu’est-ce qui fait grimper le risque ?
Le manque de sommeil, la nuit, la vitesse, certains médicaments et l’alcool. Chacun rend la somnolence plus probable ou ses suites plus graves.
Le manque de sommeil. Avant un long trajet, dors normalement, ne te lève pas à une heure inhabituelle et ne pars pas après une journée de travail sans t’être reposé. Selon le même spécialiste, plus d’un tiers des Français dorment moins de 6 heures par nuit, pour des besoins de 7 à 8 heures : cette dette de sommeil rend somnolent dans les moments monotones, comme au volant.
La nuit. Elle tue plus que le jour : un quart des accidents mortels de nuit ont lieu entre 2 h et 6 h du matin. Fatigue, somnolence et alcool, avec une vitesse plus élevée parce que le trafic est fluide, en sont souvent à l’origine. La pause toutes les 2 heures reste indispensable. Si tu montres des signes de fatigue, la Sécurité routière conseille de différer ton départ ; si tu es déjà sur la route, elle demande une pause d’au moins 20 minutes.
Les médicaments et l’alcool. La somnolence est un effet secondaire de nombreux médicaments : plus d’un tiers de ceux vendus en France portent un pictogramme sur leur danger possible pour la conduite (la leçon stupéfiants et médicaments t’apprend à le lire). L’alcool, lui, réduit la vigilance et la résistance à la fatigue dès 0,5 g par litre de sang. Et si tu as sommeil tous les jours, parles-en à un médecin.
Colère, passagers, inexpérience : qu’est-ce qui change ta conduite ?
Tes émotions et ton manque d’expérience pèsent aussi sur ta conduite. L’arrêté du 20 avril 2012 (article 2), qui fixe le contenu de l’épreuve du code, cite les états émotionnels avec l’alcool, les drogues, les médicaments et la fatigue, parmi ce qui modifie le comportement du conducteur.
Énervé ou stressé, tu dois adopter à tout moment un comportement prudent et respectueux envers les autres usagers, avec une prudence accrue envers les usagers les plus vulnérables (article R. 412-6, I). Si tes passagers te poussent à continuer alors que tu bâilles, rien ne change : c’est toi, le conducteur, qui dois rester en état et en position d’exécuter tes manœuvres (article R. 412-6, II). Dès les premiers signes de somnolence, tu t’arrêtes dans un endroit sûr, même s’ils veulent arriver plus vite.
Jeune conducteur, l’expérience te manque encore. Les exemples officiels de questions (avril 2020) le rappellent : ton regard et ton cerveau ne peuvent pas traiter toutes les informations au même moment. Les kilomètres et les situations vécues t’apprendront à repérer les indices les plus utiles. Les mêmes exemples ajoutent qu’une fois ton permis obtenu, tu dois être particulièrement vigilant aux situations nouvelles.
Le jeune conducteur doit aussi comprendre que son inexpérience peut représenter un danger, et que c’est pour cela que sa vitesse doit être plus limitée que celle d’un conducteur expérimenté. Ses vitesses maximales sont fixées par l’article R. 413-5, I, que détaille la leçon sur le permis probatoire et la conduite accompagnée.
Que dit le code, même dans une voiture qui conduit seule ?
Le code de la route ne cite ni la fatigue ni la somnolence. Il exige de tout conducteur qu’il se tienne constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent (article R. 412-6, II), et pendant un micro-sommeil, tu ne l’es plus. Ne pas respecter cette obligation est une contravention de 2e classe (article R. 412-6, III) : 35 € d’amende forfaitaire (article R. 49 du code de procédure pénale), 150 € au plus devant le juge (article 131-13 du code pénal). Le véhicule peut aussi être immobilisé (article R. 412-6, IV).
Quand ce système exerce le contrôle du véhicule dans ses conditions d’utilisation, l’article R. 412-6 ne s’applique pas au conducteur (article R. 412-17). Mais dans un véhicule partiellement ou hautement automatisé, tu dois te tenir constamment en état et en position de répondre à une demande de reprise en main (article R. 412-17-1, I). Le système doit t’alerter et te faire cette demande quand il ne peut plus conduire (article L. 319-3, II). Endormi, tu ne peux pas y répondre.
Tu dois aussi pouvoir reprendre la main sans délai pour obtempérer à un agent (sommation de s’arrêter, indications quand il règle la circulation) ou pour laisser passer un véhicule d’intérêt général (article R. 412-17-1, II). Ne pas respecter ces obligations est puni de la même contravention de 2e classe (III).
Ta voiture partiellement automatisée conduit seule sur autoroute. Tu as sommeil. Tu…
Une pause toutes les 2 heures contre la fatigue, l’arrêt en lieu sûr et au moins un quart d’heure de repos contre la somnolence, sur une aire et pas sur la bande d’arrêt d’urgence : tu sais quoi faire quand ton corps te prévient. Le sprint de révision ci-dessous te remet tout en cartes, puis le quiz d’entraînement vérifie que c’est acquis.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz4
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.