Ne pas déplacer, comprimer, couvrir, parler : ce que tu fais pour un blessé en attendant les secours
- Un blessé ne se déplace pas, sauf danger imminent, comme un incendie.
- Une plaie qui saigne beaucoup : tu la comprimes, en appuyant dessus.
- Tu le couvres, tu lui parles, et tu ne lui donnes rien à boire ni à manger.
- Le casque d’un motard reste sur sa tête, les vêtements d’un brûlé restent sur lui.
- Il ne répond pas : tu bascules sa tête en arrière et tu recherches sa respiration, 10 secondes au plus. Il respire : position latérale de sécurité si tu as un brevet de secourisme (Sécurité routière) ; après un coup ou une chute, tu le laisses sur le dos.
- Il ne respire pas, ou mal : tu alertes, tu masses 100 à 120 fois par minute, et tu fais poser un défibrillateur, que toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser.
Pourquoi ces gestes tombent au code, la respiration, le massage, la loi sans brevet, le feu et le panneau du poste de secours : tout est juste en dessous.
Face à un blessé, ce que tu évites de faire compte autant que ce que tu fais. Le sortir de sa voiture, lui tendre de l’eau, ôter le casque d’un motard : ces gestes partent d’une bonne intention, et la Sécurité routière les écarte tous.
Pourquoi les premiers secours tombent-ils à l’examen du code ?
Parce que le code de la route l’impose. Depuis une loi du 17 mars 2015, les candidats au permis sont formés aux notions élémentaires de premiers secours, et cette formation est évaluée à l’examen. Les exemples officiels de questions précisent que c’est à l’occasion de l’épreuve théorique générale.
L’ordre, lui, ne bouge pas. Les exemples officiels de questions le rappellent : protéger, alerter, puis secourir. Les deux premières étapes ont leur leçon : comment protéger la zone et alerter les secours.
À l’épreuve, une question peut avoir jusqu’à trois bonnes réponses. Lis chaque proposition jusqu’au bout : un geste utile et un geste à éviter peuvent se côtoyer dans la même liste.
Faut-il déplacer un blessé ?
Non. Tant qu’aucun danger imminent ne le menace, le blessé reste où il est. Tu ne le sors pas de sa voiture, tu ne le portes pas jusqu’au trottoir, tu ne le fais pas marcher. C’est la première consigne de la Sécurité routière au témoin d’un accident.
Elle ne prévoit qu’une exception : le danger imminent, dont l’exemple est l’incendie. Tu le mets alors en sécurité, puis tu t’éloignes.
Un conducteur blessé est resté assis dans sa voiture. La zone est protégée, les secours sont prévenus et rien ne brûle. Tu :
Une plaie saigne beaucoup : que fais-tu ?
Tu comprimes la plaie, c’est-à-dire que tu appuies dessus. C’est le geste que la Sécurité routière demande en cas d’hémorragie importante.
Un piéton renversé saigne abondamment d’une plaie au bras. Les secours sont prévenus. En les attendant, tu :
Que fais-tu pour un blessé en attendant les secours ?
Quatre consignes de la Sécurité routière au témoin d’un accident qui a fait des blessés :
- tu le couvres, par exemple avec une couverture ou un manteau ;
- tu lui parles pour le réconforter, par exemple en lui disant que les secours sont prévenus ;
- tu ne lui donnes ni à boire, ni à manger, même s’il le réclame ;
- tu demandes aux passants de t’aider ou de s’éloigner.
Les informations précises sur l’état de la victime, tu les donnes aux secours au moment de l’alerte. Les exemples officiels de questions le rappellent : elles leur permettent d’intervenir le plus efficacement possible.
Casque d’un motard, vêtements d’un brûlé : peux-tu les retirer ?
Non, dans les deux cas. Pour le motard, la Sécurité routière est claire : tu ne retires pas son casque.
Pour le brûlé, même logique : tu n’essaies pas de lui ôter ses vêtements, même abîmés par le feu.
Un motard est à terre après une chute. Il est conscient et te demande de lui enlever son casque. Tu :
La victime ne répond pas : que fais-tu ?
Tu vérifies d’abord si elle réagit. Les références techniques nationales de premiers secours du ministère de l’Intérieur (arrêté du 7 juillet 2026) décrivent comment : tu lui poses une question simple, comme « Vous m’entendez ? », tu lui secoues doucement les épaules, ou tu lui prends la main en lui demandant de la serrer. Si elle ne répond pas et ne réagit pas, tu demandes de l’aide si tu es seul, puis :
- tu l’allonges sur le dos ;
- tu libères ses voies aériennes : une main sur son front, deux ou trois doigts sous la pointe de son menton, tu bascules doucement sa tête en arrière en élevant le menton ;
- tu recherches sa respiration, 10 secondes au plus : l’oreille et la joue au-dessus de sa bouche et de son nez, tu regardes si son ventre et sa poitrine se soulèvent, tu écoutes, tu sens si de l’air sort.
La Sécurité routière demande au témoin d’un accident de ne pas déplacer les blessés, sauf danger imminent. Les références de premiers secours demandent d’allonger sur le dos la victime qui ne répond pas, quelle que soit sa position de départ.
Elle respire : elle a perdu connaissance. La Sécurité routière demande la position latérale de sécurité quand la victime est inconsciente et que tu es détenteur d’un brevet de secourisme. Les références de premiers secours la prévoient après un évènement non traumatique, ou à la demande des secours alertés. Après un traumatisme, comme un coup ou une chute, ou si tu ignores ce qui s’est passé, tu la laisses sur le dos, tu fais alerter ou tu alertes les secours, et tu surveilles sa respiration en permanence. Si elle vomit, tu la mets sur le côté, en maintenant si possible l’axe tête-cou-tronc.
Elle ne respire pas, ou sa respiration est anormale : c’est un arrêt cardiaque. Trois actions forment la chaîne de survie :
- alerter : tu demandes à un témoin d’appeler le 15, le 18 ou le 112, de ramener un défibrillateur et de l’installer. Seul, tu mets ton portable sur haut-parleur et tu commences le massage pendant l’appel ;
- masser : la victime sur le dos, de préférence sur un plan dur, tu places le talon d’une main au centre de sa poitrine, l’autre main par-dessus, bras tendus. Tu appuies verticalement, 100 à 120 fois par minute, sur environ 5 cm sans dépasser 6 cm chez l’adulte, en laissant la poitrine reprendre sa forme entre deux compressions. Si tu sais faire le bouche-à-bouche, tu peux faire 2 insufflations toutes les 30 compressions. Si les insufflations sont impossibles (vomissements, blessure grave du visage, répulsion, maladie contagieuse), tu fais uniquement les compressions, en continu ;
- défibriller : tu mets l’appareil en marche et tu suis ses indications. Tu colles les électrodes sur la poitrine nue, comme le montre le schéma. Quand il le demande, plus personne ne touche la victime. Si un choc est nécessaire, tu fais écarter tout le monde : l’appareil le déclenche, ou te demande d’appuyer sur le bouton « choc ». Choc ou non, tu reprends aussitôt le massage.
Tu continues jusqu’au relais des secours. Au téléphone, ils peuvent te guider.
Sans brevet de secourisme, que peux-tu faire ?
Plus que tu ne le crois. L’article 223-6 du code pénal punit quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance qu’il pouvait lui prêter, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. Le texte ne parle d’aucun brevet. Prévenir les secours, c’est donc déjà prêter assistance.
L’abstention volontaire fait encourir jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende, et jusqu’à 7 ans et 100 000 € lorsque la personne en péril est un mineur de quinze ans.
Le défibrillateur automatisé externe, ou DAE, ne demande pas de brevet. L’article R. 6311-15 du code de la santé publique dispose que « toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un défibrillateur automatisé externe répondant aux caractéristiques définies à l’article R. 6311-14 ». La seule condition porte sur l’appareil. Les références de premiers secours (arrêté du 7 juillet 2026) ajoutent que la défibrillation est sûre et sans risque, même entre les mains de personnes peu ou pas formées.
Ce que tu fais dépend de ta place sur les lieux. La Sécurité routière distingue deux situations :
- tu as vu l’accident et il y a des blessés : tu fais les gestes vus plus haut ;
- tu n’es ni impliqué, ni secouriste, ni témoin direct des circonstances, par exemple parce que tu arrives après l’accident : tu préviens les secours et tu dégages les lieux, surtout si tu circules sur la voie en sens inverse. Sans brevet de secourisme, tu restes à l’écart et tu gardes ton calme.
Quand tu ne peux pas dégager les lieux, lis la leçon qui explique comment éviter le sur-accident.
Un défibrillateur automatisé externe se trouve à quelques mètres de l’accident. Qui a le droit de s’en servir ?
Une voiture prend feu : que fais-tu des blessés ?
Tout dépend du stade du feu. S’il ne fait que commencer, la Sécurité routière demande d’utiliser ton extincteur en le dirigeant sous le moteur, si tu en as un à bord. S’il est déjà déclaré, tu mets les victimes en sécurité, puis tu t’éloignes au plus vite.
Pour éviter un incendie, la Sécurité routière demande aussi d’interdire de fumer à proximité de l’accident. Dans un tunnel, les réflexes face au feu et à la fumée sont propres à l’ouvrage : tu les trouves dans la leçon sur les tunnels.
Quel panneau signale un poste de secours ?
Le CE1 fait partie des panneaux de services, les CE : ils donnent des informations sur les services utiles à l’usager. Sa pose est facultative. Il peut se placer à hauteur du poste quand celui-ci n’est pas assez visible depuis la route, et l’annoncer plus tôt quand le poste n’est pas visible ou que son accès n’est pas direct.
Ne pas déplacer, comprimer, couvrir, parler, laisser en place casque et vêtements, et, s’il ne respire plus, alerter, masser, défibriller : voilà les gestes attendus du témoin d’un accident. Le sprint de révision les reprend en cartes, puis le quiz te place face au blessé.
Les panneaux de cette leçonTon mémo de révision : la forme et le sens, avant le quiz3
Panneaux de la signalisation routière française. Chacun est expliqué dans sa leçon du chapitre 2 du cours. Crédits : Cerema, « Signaux au format SVG » (fichiers du 25/10/2023), Licence Ouverte 2.0.