Aller au contenu
Gratuit

Cours complet · 100 % gratuit

Le cours de code

  • 56 leçons
  • 16 chapitres
  • 9 h 04 au total
  • quiz corrigés
Commencer la leçon 1Examens blancs

Triangle, rond, carré, octogone · 10 min

Ton code, c’est quand ?

Actualité · Sanctions et jeunes conducteurs

Véhicule puissant, refus d’obtempérer, rodéos : les autres mesures routières de la loi du 18 août 2026

La loi n° 2026-798 du 18 août 2026 ne crée pas seulement un délit de conduite après consommation manifeste. Elle voulait aussi interdire aux jeunes conducteurs de conduire un véhicule trop puissant : le Conseil constitutionnel a censuré ce délit, mais une règle sur la location reste dans la loi. Elle rend la confiscation du véhicule obligatoire en cas de refus d’obtempérer et durcit la répression des rodéos motorisés. Voici ce qui s’applique, et ce qui attend encore un texte.

Publié le . Vérifié sur les textes officiels le .

Par Wenceslas Dasnois, fondateur de Code en ligneNotre méthode de vérification

Jeune conducteur et véhicule puissant : censuré, sauf la location

Le texte voté prévoyait de punir d’un an de prison et 15 000 € d’amende le fait de conduire, pendant le délai probatoire, un véhicule dont la puissance dépasse un seuil fixé par voie réglementaire. Le délai probatoire, c’est la période qui suit l’obtention du permis : trois ans en principe, deux ans après l’apprentissage anticipé de la conduite. Une formation complémentaire peut encore le réduire pour un premier permis, si aucune infraction n’a entraîné de retrait de points, de restriction ou de suspension (article L. 223-1).

Le Conseil constitutionnel a censuré ce délit le 14 août 2026. Sa raison : en laissant au gouvernement le soin de fixer « librement le seuil de puissance du moteur du véhicule au-delà duquel une personne peut être punie », le législateur ne fixait pas lui-même les éléments de l’infraction. Ce passage ne figure donc pas dans la loi publiée.

Une autre règle a survécu : le nouvel article L. 317-10. Pendant le délai probatoire, le titulaire du permis ne peut pas conclure un contrat de location de courte durée pour un véhicule dont la puissance du moteur dépasse un seuil « fixé par voie réglementaire ». C’est le loueur qui est sanctionné s’il passe outre : une contravention de cinquième classe.

Pas encore applicable

Au 20 octobre 2026, aucun texte n’a fixé ce seuil de puissance. Une règle qui a besoin d’une mesure d’application n’entre en vigueur qu’avec elle (article 1 du code civil). Les véhicules concernés restent donc à définir.

Refus d’obtempérer : la confiscation devient obligatoire

Un gendarme en uniforme, vu de dos, lève le bras pour faire arrêter une voiture qui arrive sur une route de campagne
Un agent qui porte les insignes de sa fonction t’ordonne de t’arrêter : continuer, c’est refuser d’obtempérer.

Ne pas s’arrêter quand un agent muni de ses insignes l’ordonne reste puni de 2 ans de prison et 15 000 € d’amende au plus, avec 6 points retirés de plein droit (article L. 233-1). Ce qui change : la confiscation du véhicule, qui était une peine possible, devient obligatoire quand le condamné en est le propriétaire ou en a la libre disposition (dans ce cas, le propriétaire de bonne foi peut faire valoir ses droits). Le tribunal ne peut l’écarter que « par une décision spécialement motivée ».

Quand le refus expose directement autrui à un risque de mort ou de blessures pouvant entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, les peines montent à 5 ans et 75 000 €, et à 7 ans et 100 000 € quand ce sont les agents qui y sont exposés (article L. 233-1-1). L’annulation du permis est alors de plein droit.

À l’examen du code

Lors d’un contrôle, tu dois t’arrêter à la demande d’un agent qui porte les insignes de sa fonction. Refuser est un délit, pas une simple contravention, et il retire 6 points.

Rodéos motorisés : une définition plus large, des peines alourdies

Le délit de rodéo, à l’article L. 236-1, vise le fait d’adopter, avec un véhicule terrestre à moteur, « une conduite répétant de façon intentionnelle des manœuvres » qui violent des obligations particulières de sécurité ou de prudence du code de la route. La loi supprime une condition : il n’est plus nécessaire de prouver que ces manœuvres compromettaient la sécurité des usagers ou troublaient la tranquillité publique.

Le Conseil constitutionnel a en revanche censuré une autre mesure : la destruction, sans que leur propriétaire puisse les réclamer, des véhicules de rodéo mis en fourrière dont l’immatriculation ou l’identification n’était pas en règle.

La loi crée aussi, dans le code de la sécurité intérieure, un délit d’organisation d’un rassemblement de véhicules à moteur destiné à des manœuvres ou à des performances motorisées, dans un lieu qui n’est pas aménagé pour cela, malgré une interdiction de la police administrative : 3 ans de prison et 75 000 € d’amende. Y participer, quand le caractère illégal du rassemblement a été rendu public, est puni de 5 000 € d’amende, avec une amende forfaitaire de 300 € possible (article 7 de la loi).

Défaut d’assurance : des peines qui s’additionnent

Rouler sans assurance reste puni de 3 750 € d’amende (article L. 324-2). La loi ajoute que ces peines se cumulent, sans confusion possible, avec celles prononcées pour les autres infractions commises en conduisant le même véhicule. Une amende forfaitaire de 500 € reste possible.

Ce qui attend encore un texte d’application

L’autre grande mesure routière de la même loi, le délit de conduite après consommation manifeste d’alcool, de stupéfiants ou de substances psychoactives, a son article : le nouveau délit de conduite après consommation manifeste.

Questions fréquentes sur la loi du 18 août 2026

Un jeune conducteur peut-il conduire un véhicule puissant depuis la loi du 18 août 2026 ?

Pas en vertu de cette loi. Le délit de conduite d’un véhicule puissant pendant le délai probatoire a été déclaré contraire à la Constitution le 14 août 2026, car la loi laissait au pouvoir réglementaire le soin de fixer librement le seuil de puissance.

Un jeune conducteur peut-il louer un véhicule puissant ?

La loi a créé l’article L. 317-10 : pendant le délai probatoire, pas de location de courte durée d’un véhicule dont la puissance dépasse un seuil fixé par voie réglementaire. Ce seuil n’est pas encore fixé au 20 octobre 2026. Le loueur qui ne respecte pas la règle risque une contravention de cinquième classe.

Que risque-t-on pour un refus d’obtempérer ?

Jusqu’à 2 ans de prison et 15 000 € d’amende, 6 points retirés de plein droit, et désormais la confiscation obligatoire du véhicule si le condamné en est le propriétaire ou en a la libre disposition, sauf décision spécialement motivée du tribunal. Si le refus expose directement autrui à un risque de mort ou de blessures pouvant entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, les peines montent à 5 ans et 75 000 €.

Qu’est-ce qu’un rodéo motorisé pour la loi ?

Une conduite qui répète de façon intentionnelle des manœuvres violant des obligations particulières de sécurité ou de prudence du code de la route. Depuis la loi du 18 août 2026, il n’est plus nécessaire de prouver que la sécurité ou la tranquillité publique a été compromise. Pour le délit simple : 2 ans de prison et 30 000 € au plus, ou une amende forfaitaire de 800 € ; davantage en réunion, avec de l’alcool ou des stupéfiants, ou sans permis valable.

Pour réviser le comportement lors d’un contrôle. Les délits routiers et leurs sanctions sont expliqués dans le cours gratuit, avec les règles du permis probatoire.

Revoir la leçon sur les délits

Sources officielles et dates

Vérification du 20 octobre 2026. La loi et la décision du Conseil constitutionnel viennent des données ouvertes du Journal officiel (DILA, JO n° 0192 du 19 août 2026). Les articles du code de la route sont cités dans leur version en vigueur, édition consolidée au 12 octobre 2026. Une recherche dans les Journaux officiels parus du 19 août au 20 octobre 2026 n’a trouvé aucun texte fixant le seuil de puissance de l’article L. 317-10.

  1. Loi n° 2026-798 du 18 août 2026 visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens. Publiée au Journal officiel n° 0192 du 19 août 2026. Article 7 : code de la route (rodéos, refus d’obtempérer, location en délai probatoire, assurance) et code de la sécurité intérieure (rassemblements de véhicules) ; article 9 : passages à niveau.
  2. Conseil constitutionnel, décision n° 2026-915 DC du 14 août 2026. Paragraphes 94 à 102 : délit de conduite d’un véhicule puissant pendant le délai probatoire, contraire à la Constitution ; 113 à 126 : rodéos, conformes ; 127 à 136 : destruction des véhicules de rodéo sans réclamation possible, contraire ; 137 à 143 : rassemblements de véhicules, conforme.
  3. Code de la route, article L317-10 : location de courte durée pendant le délai probatoire. Article créé par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, article 7 : seuil de puissance « fixé par voie réglementaire » ; contravention de la cinquième classe pour le loueur.
  4. Code de la route, article L223-1 : délai probatoire. Version issue de l’ordonnance n° 2018-207 du 28 mars 2018 : délai probatoire de trois ans, deux ans après l’apprentissage anticipé de la conduite.
  5. Code de la route, article L233-1 : refus d’obtempérer. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 : 2 ans et 15 000 €, confiscation obligatoire du véhicule sauf décision spécialement motivée, moitié des points.
  6. Code de la route, article L233-1-1 : refus d’obtempérer aggravé. Version issue de la loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 : 5 ans et 75 000 €, 7 ans et 100 000 € quand les agents sont exposés.
  7. Code de la route, article L236-1 : rodéo motorisé. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 : 2 ans et 30 000 €, amende forfaitaire de 800 €, 3 ans et 45 000 € en réunion.
  8. Code de la route, article L224-1 : rétention du permis. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 ; 9° : infraction prévue aux articles L. 236-1 et L. 236-2 (rodéos).
  9. Code de la route, article L324-2 : défaut d’assurance. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 : 3 750 € d’amende, peines cumulées sans confusion, amende forfaitaire de 500 €.
  10. Code de la route, article L317-11 : dispositif de navigation aux passages à niveau. Article créé par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, article 9 : catégories de véhicules fixées par décret en Conseil d’État.
  11. Code civil, article 1 : entrée en vigueur des lois. Version issue de l’ordonnance n° 2004-164 du 20 février 2004 : les dispositions qui nécessitent des mesures d’application entrent en vigueur avec ces mesures.
  12. Code de la route, article L224-2 : suspension du permis par le préfet. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 ; I, 7° : permis retenu après une infraction prévue aux articles L. 236-1 ou L. 236-2.
  13. Code de la route, article L224-7 : mesures provisoires du préfet. Version issue de la loi n° 2026-798 du 18 août 2026 : interdiction provisoire de conduire certains véhicules après un rodéo, y compris ceux qui se conduisent sans permis.
  14. Code de la route, article L317-12 : sanctions du dispositif de navigation. Article créé par la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, article 9 : 3 750 € d’amende pour l’exploitant ou le conducteur.

Crédits des images. Scènes et schémas : Code en ligne.